LES IDÉES DE CREUZER
sus psychologique que décrivent Hume et Voss? L'homme. primitif voit naturellement, derrière les phénomènes qu'il craint, une volonté puissante, mais analogue à la sienne et qu'il finit par identifier avec celle des hommes puissants qu’il connaît. Mais de ce processus où Dieu n’est pas au début, Dieu ne peut sortir. IL faut par conséquent admettre, dès Le début, une représentation quelconque de Dieu, une espèce de théisme!. Done, et c’est là la première erreur de Schelling, la mythologie est considérée comme l'expression immédiate de la conscience religieuse d’un peuple. Ce ne sont nullement les actes du culte qui sont primitifs : ces actes supposent une représentation mythologique préexistante, et ils peuvent tout au plus, comme les sentiments religieux, servir à prouver l’existence et la force de cette représentation, dont ils sont purement et simplement les produits?.
La seconde erreur, inévitable en un temps où la mythologie grecque, celle des poètes et des philosophes, servait de modèle, est d’avoir considéré l’ensemble de la mythologie comme un tout organique, dont les éléments s’impliquent?, et d’avoir cru, sur la foi de comparaisons encore bien insuffisantes, qu'il y avait une mythologie commune à l'humanité. Aussi était-il amené à rejeter en dehors de cette sphère toutes les religions sauvages fétichistes.
Dans la théorie même, il convient de faire des distinctions. Au milieu de toutes les fantaisies historiques sur lesquelles il ne vaut guère la peine d’insister, il est bon de faire ressortir l'esprit qui anime l'œuvre. L'affirmation que la conscience religieuse à pour expression immédiate la mythologie, voilà ce qui en fait la faiblesse, mais il ne faut pas oublier ce qui en fait l'intérêt philosophique,
2. L'acte du culle ne sert qu'à faire voir la force des représentations religieuses; mais la représentation est non seulement primitive, mais indépendanie.