DÉVELOPPEMENT DE LA CONSCIENCE
dans sa loi, le même que le procès universel, en est différent dans sa forme. D'abord il est absolument libre et spontané à son origine : l’homme restera-t-il l’inconscient support de la divinité, ou s’en écartera-t-il pour retrouver, cette fois consciemment, sa place?1]1 peut, s’il le veut, remettre en action cette force brutale qui doit céder la place à l'esprit; seulement, cet écart une fois posé la restitution de l'équilibre se fait suivant une loi nécessaire. De plus ce procès, libre à son origine, reste un procès purement spirituel, un devenir de représentations !.
L'analyse historique doit montrer à son tour qu'il n’est autre chose que le devenir mythologique, suivant le rythme duquel les formes divines se succèdent d’une façon nécessaire dans la conscience humaine. Ce procès religieux est d’ailleurs fondamental dans l’histoire de l'humanité. L'humanité, dans tous ses bouleversements, est-elle menée, comme on le croit souvent, par des forces aveugles, la race, la distribution des climats, etc. ? Schelhng prétend au contraire que tous les bouleversements humains ne sont que les aspects extérieurs des crises de la conscience humaine, de la conscience religieuse. C'est le fait religieux qui domine tous les autres faits sociaux. On sait d’ailleurs qu'il ne faut pas tracer une ligne de démarcation trop nette entre le physique et le spirituel; beaucoup de grands phénomènes historiques, comme les émigrations, la disparition des races inférieures devant lesraces civilisées par une sorte d’incompatibilité, ont lieu avec la violence de phénomènes physiques.
Schelling n’applique d’ailleurs sa théorie qu'à un fait unique, la division de l'humanité en peuples. A la suite de l'enthousiasme qu’excitaient les recherches de linguistique et de mythologie comparées, la vieille hypothèse prétendue biblique de l'unité primitive de l’humanité était devenue une sorte de dogme historique. 11