LA RÉVÉLATION
de la conscience humaine dont le second cycle commence avec les nouveaux rapports que la religion révélée lui donne avec Dieu. Enfin, un intérêt pratique : celui de préciser la situation de la philosophie à l'égard de la religion positive, non seulement dans la conscience humaine, mais dans l’État.
L'intérêt spéculatif nous a paru primordial, et nous pouvions négliger le côté pratique de la question, tant qu'il s'agissait de la mythologie : mais ses vues historiques sur le Christianisme sont d’un réformateur autant que d’un philosophe.
Il consacre presque tout entière à la question religieuse la préface aux œuvres posthumes de Steffens!. La solution en est, dans sa pensée, l'établissement progressif d’une espèce de rationalisme religieux. « Jamais on n'’obtiendra, pense-t-il, une exposition satisfaisante du christianisme avant que la raison ne comprenne la possibilité des rapports sur lesquels reposent les principales théories chrétiennes ?. » Quelle est la position de ce rationalisme à l'égard des faits et des théories de son époque?
En premier lieu, ce qui fut fort important pour sa situation personnelle, sa doctrine implique et renferme une apologie du protestantisme allemand tel qu'il existe de fait, divisé en églises d'État; car d’abord son rationalisme est l'aboutissement de la Réforme : contre l’Église réelle qui s’imposait par la contrainte, le protestantisme veut réaliser une église idéale, libre, véritablement une et universelles. I ne l’a pas fait, il est vrai; mais il en est la condition; la rupture de l’unité de l’Église, l'imprécision de la forme extérieure des églises allemandes protestantes, l'absence d’une centralisation hiérarchique favorisent la liberté dans laquellese fera l'Église spirituelle#. L'état actuel des églises, liées et subordonnées aux États,