Cf. p
DNP662.
284 ie PHILOSOPHIE POSITIVE. L
d'abord de toute part ma pensée; je ne puis les dépasser qu'après avoir parcouru la chaîne des moments dont l'orientation est précisément déterminée par cette tendance à la libération!.
C'est à cette tâche que répond la philosophie purement rationnelle ou négative, la philosophie première d’Aristote, première non pas en dignité mais en rang*.
Qu'est-ce done que le pur rationnel? Faut-il y voir ces notions communes jamais déduites, ces lambeaux d'expériences avec lesquels de prétendus rationalistes ont construit la religion naturelle? Mais, dans un système rationnel, tout doit être déduit; il y faut la raison sans hypothèses que Platon met au sommet des facultés de connaitre ?. Faut-il, avec Descartes, chercher notre point de départ dans l'être de la pensée? Mais tout contact immédiat nous est interdit avec l'être universel. Malebranche, en définissant Dieu l'être sans restrictions, a eu le mérite de ne supposer aucun principe déterminé ; mais, en faisant de cet être la substance immobile, Spinoza a rendu impossible en lui tout progrès interne #.
Mais il fallait d’abord que la philosophie fût libérée de la contrainte des notions communes; ce fut l’œuvre de Kant qui sut voir les limites de l'application de ces notions. Mais de plus Kant définit d’une façon générale l’objet de la philosophie rationnelle, en considérant Dieu, l’Idéal de la Raison pure, comme l’ensemble de tous Les possibles. Son tort est seulement de n'avoir pas vu que ces possibles forment un système que l’on peut construire, que de plus ces possibles sont sans aucun rapport primitif au monde réelÿ.
Le système rationnel que Schelling a en vue, nous le connaissons déjà; il n’est pas autre chose, sauf les mo-