THÉORIE DES PUISSANCES
Seulement, dans ce dernier cas, le possible qui peut
être actualisé n’est plus le concept lui-même, mais les termes qui rentrent dans son extension ; le concept n’en est que le titre commun. La difficulté revient. Comment puis-je faire la supposition qu’une telle abstraction est en acte?
Il faut, pour comprendre Schelling, abandonner ce concept de logique formelle. La question est une question de devenir; ce n’est pas celle de savoir quelle est la nature du lien qui unit les déterminations au sujet indéterminé, une fois que ces déterminations ent été posées, mais bien celle de comprendre comment un sujet d’abord indéterminé peut recevoir des déterminations : c’est moins une question logique qu’une question physique. Dès lors, rien ne m'interdit de poser en acte par la pensée un sujet indéterminé qui sort de sa nature de sujet (££loraxu) pour remplir toute la sphère de l’existence ?. Et alors commence de lui-même, dans la pensée, un devenir qu’il suffit de suivre par l'intuition pour voir naître toute l’extension du sujet, c'est-à-dire toutes les formes possibles de l’être. Car si le sujet indéterminé, infini, illimité, occupe toute la sphère de l'existence, il en exclut par là même l'être pur (+ A), celui qui, sans moi intérieur pour ainsi dire, contient, tout étalées, les déterminations de l’être. Cet être, comme violemment
1. Of. surtout p. 388 où ils apparaissent comme des volontés. 2. P. 388. Ce sujet est l'être indifférencié, et non la catégorie de l'être.