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CRITIQUE DU MÉCANISME

tré que l’idéalisme critique ne saurait s’accommoder d'une physique autre que la physique dynamique.

C'est la même démonstration que Schelling poursuit dans son introduction, en faisant voir que mécanisme et dogmatisme sont deux termes qui s'appellent l’un l’autre. Le mécanisme implique le dogmatisme. Si l’on admet que les choses sont causes de la représentation, on est amené à considérer la chose comme existante indépendamment de l'esprit et avant lui. De la même façon (et Vidée vient de l’autonomie de la Raïson pure de Kant), les mécanistes considèrent la réalité comme une matière donnée indépendamment de la représentation. Dogmatisme implique aussi mécanisme : pour le mécanisme, toute cause est extérieure, et on peut aller de l'effet à la cause mais sans sortir de la série causale pour comprendre comment elle est posée. De même le dogmatisme s'appuie, pour aller de la représentation à l'esprit, sur le principe de causalité; esprit et chose sont pour lui deux termes d’une même chaine causale.

Au dogmatisme il oppose l’idéalisme fichtéen qui démontre l’absurdité de la chose en soi (qui n’est rien, puisqu’on doit la dépouiller de tout ce qui est représentable et qui doit pourtant agir sur moi) et qui fait planer au-dessus de la série causale le moi avec l'intuition de lui-même comme esprit libre et agissant!.

Le mécanisme est combattu par des arguments d’origine kantienne. Le mécanisme suppose que la matière existe en soi; mais il ne peut résoudre l’antinomie kantienne sur la divisibilité. L'affirmation mécaniste de la dualité de la matière et de la force rend inexplicable l'origine de la force; car on ne comprend pas comment elle s’est implantée de l'extérieur et l’on n’admet pas qu’elle naisse de la matière. L'origine de l’idée de force ne peut être d’ailleurs dans le sentiment d'effort, comme le prétendent les empiristes; cette origine ne permettrait pas

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3 An à af : : ; | ! FA 28 LES DÉBUTS DE LA PHILOSOPHIE DE LA NATURE. PAS la généralisation suffisante pour en faire un principe d'explication de l’univers. Enfin avec cette idée de la

force, il n’y a pas de physique qualitative possible; elle

est impuissante à expliquer la diversité des qualités sensibles (s’il est vrai que leur réduction à des quantités n’est pas une explication) et les attractions spécifiques indépendantes de la masse comme les affinités chimiques !.

Mais il n’est pas dans l'esprit intuitif de Schelling de se contenter d'arguments dialectiques. Il cherche un fait concret dans lequel puisse se voir à plein jour cette pénétration de la matière et de la force, de l'esprit et de son objet, une sorte de démonstration par le fait du dynamisme et de l’idéalisme. Or ce fait lui est donné, penset-il, dans l’organisme. L'organisation montre l’union indissoluble de la matière et de l'esprit : car dans l’être vivant les parties sont conditionnées par le tout, le fait est comme régi par l’esprit; de plus au lieu de la série causale linéaire indéfinie qu’affirme le mécanisme, nous avons une sorte de rythme où la chaine causale revient sur elle-même et se ferme ?.

Mais le dynamisme ïidéaliste ne doit pas rester la doctrine abstraite qui ne rend compte que des condiüons générales de la matière; comme Fichte a dépassé Kant en déduisant non pas seulement la forme mais le contenu de la représentation, le dynamisme doit pouvoir construire les propriétés particulières de la matière.

Ces propriétés nous sont données dans l’expérience ; leur étude expérimentale, à laquelle est consacrée toute la première partie de l'ouvrage, doit précéder la construction dynamique.

Certes Schelling prend ici expérience dans un sens assez particulier, puisque cette partie contient déjà des théories et des lois; il est en effet beaucoup plus facile

120P-21,sq- 2. Cf. p. 40.

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