À L'ACTION CHIMIQUE
de voir ce qu'il en exelut que ce qu’il y met. L'expérience, c'est tout ce qui n’est pas la construction idéaliste des - forces. Elle comprend donc aussi bien que les faits euxmêmes, les résultats des inductions et des déductions, en un mot tout le contenu de la science dite expérimen-
tale. De plus son but est de répondre à une question qui
implique une supposition théorique tirée de l’idéalisme. La supposition théorique, c’est que la nature contient ou constitue une force pour ainsi dire inusable qui entretient dans notre planète le mouvement, la chaleur et la vie; c'est donc la conviction que la nature contient une réserve infinie d'activité. D'autre part Schelling a appris de Fichte que la condition de l’activité était dans un conflit ou une opposition. Pour que l’activité de la nature puisse être éternelle, il faut que le conflit dure, et, pour cela, que l'exercice même de cette activité le rétablisse à chaque instant (comme dans l’idéalisme de Fichte, toute position d’un objet par le moi lui offre une résistance qui est le début d’une action nouvelle). Or le problème posé à l'expérience est celui-ci : Quelle est, dans la réalité, cette force rajeunissante, et comment se manifeste-t-eile sur notre planète 1?
Or l'expérience montre que l’action chimique réalise ces conditions : d’abord elle est universelle. En effet tout phénomène chimique se ramène au phénomène type de la combustion ; phénomène dont la condition (la présence de l'oxygène) est réalisée sur toute la terre qui baigne dans l'air atmosphérique. On sait que la découverte de l'oxygène fut une des plus importantes de la chimie moderne. Par cette théorie on pouvait rattacher à la combustion le phénomène, très général aussi, de l’oxydation des métaux. Des phénomènes vitaux étaient aussi expliqués. D'autre part l’importante découverte de la décomposition de l'acide carbonique et de l’émanation d'oxygène par les plantes vertes faisait voir l'étendue
du rôle de l’oxygène dans la nature!. Encore Schelling qui, en bon dynamiste, n’admet pas la discontinuité et la stabilité qualitatives des éléments chimiques, pense-t-il qu'on pourrait déceler encore son action sur beaucoup de points, si l’on connaissait la variété de ses transformations.
Ajoutez l'idée d’une classification des corps suivant leur degré d'’affinité avec l'oxygène. Cette affinité est plus ou moins forte, comme le montre l'expérience de la réduction des métaux. Dès lors on peut concevoir une série de corps, depuis celui qui n’est pas du tout inflammable (oxygène ou corps saturé d'oxygène), jusqu’au plus inflanmmable.
Cette classification permet suivant Schelling d'opérer la réduction annoncée de tout phénomène chimique à la combustion, chaque corps étant par rapport à ceux qui les suivent dans la série la représentation de l’oxygène.
D’après ces vues l’oxygène est un corps tout à fait unique, le principe universel qui réveille les énergies endormies sur la terre, principe par lui-même extraterrestre et qui révèle une origine supérieure?.
La combustion est accompagnée de phénomènes lumineux et calorifiques. Ces deux forces sont au fond les mêmes : dirigez un faisceau lumineux sur un corps noir, c'est-à-dire sur un corps qui absorbe la lumière, ce corps s'échauffera et la lumière ne sera pas réfléchie; d’une façon générale, lorsque la lumière doit traverser un milieu plus dense, elle disparait en partie pour se transformer en chaleur. La chaleur est donc liée au corps; elle ne se propage que dans la matière ; la lumière n'est que de la chaleur libérée de cette attache. Leur caractère commun, c’est l'expansion. La chaleur seliantintimement « chimiquement » à un corps est le principe de sa fluidité. L'expansion est plus où moins retardée et arrêtée