‹ SchellingChapitre 22 sur 195 · P. 258 sq · texte numérisé non relu

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$ IV. — L’Ame du monde!.

La Weltseele a été écrite pour démontrer que l’unité des forces naturelles était la meilleure hypothèse pour expliquer les phénomènes connus par expérience : c'est le même principe qui agit dans la production des phénomènes inorganiques, chimiques, magnétiques, électriques et des êtres vivants?.

Quel est le sens de cette « unité »? Ce qui doit être expliqué par elle, c’est avant tout les diversités qualita-

tives des aspects de l'énergie, magnétisme, électricité,

etc. Si l'énergie fondamentale est unique, comment peutelle se briser d’aussi diverses manières? Il ne peut s'agir de supprimer cette diversité, de la réduire à des qualités subjectives, il faut l'expliquer. Or la réponse à cette difficulté constitue en somme tout ce que Schelling appellera la physique spéculative, puisqu'il s’agit de pénétrer la nature des forces qualitativement distinctes pour y faire voir l’activité d’un principe unique. L'unité du principe actif n’est donc pas comme notre théorie de la conservation de l'énergie un point de départ, un postulat, mais un point d’aboutissement de la physique; elle a pour tâche de réaliser l’idée de la liaison des êtres de l’univers®.

Dans l’Âme du monde, la démonstration est « expérimentale », non pas que Schelling s’abstienne d'appliquer les principes d’une dynamique a priori, nous le verrons dans un instant. Ce qu'il veut dire, c’est qu’il renonce au mode d'exposition qu'il avait adopté dans le second livre

1. Fon der Weliseele, eine Hypothese der hôheren Physik zur Erklürung des allgemeinen Organismus (1,11, 347-583) ; l'introduction, p. 359-378, a été ajoutée en 1806.

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