‹ SchellingChapitre 27 sur 195 · Nov. Schriften, 1, p. xx · texte numérisé non relu

Nov. Schriften, 1, p. xx

4. Cf. le conte de Klingsohr, ibid., p. 179 sq. et les remarques de Spenlé, Novalis, p. 218.

Schelling fut accueilli diversement. Celui qui l’aima le plus, Schlegel l’ainé, voulut voir dans sa philosophie de la nature une source d'inspiration nouvelle pour la poésie : la science a jusqu'ici dépoétisé la nature, écrit Schlegel à Schleiermacher, mais « le procès de dépoétisation a dès longtemps assez duré, et il est bien temps que l’air, le feu, l’eau, la terre soïent à nouveau poétisés! ». Mais F. Schlegel n’eut jamais pour lui une bien forte sympathie; Haym caractérise à merveille leurs relations en en faisant des partisans d’une même cause, des « alliés » plus que des amis?.

Les goûts communs de Novalis et de Schelling, leur commune tendance à procéder de la science à l’art et à la religion auraient dû, semble-t-il, les rapprocher. Il n’en fut rien. Novalis reconnaît sans doute la puissante situation de Schelling dans le mouvement actuel?. Cependant il ne s’abstient pas de lui exprimer ouvertement son déplaisir sur ses Idées, et a des remarques assez cruelles à propos de l’Ame du monde sur «ses idées si vite formées et démodées # ». Ce qu'il lui reprochait avant tout, c'était, un peu comme Gæthe, ce qu’il appelait l’étroitesse de ses vues, c’est-à-dire la réduction à toute force de tous les phénomènes à un fait considéré comme unique ou fondamental?.

Il faut bien dire que le caractère de Schelling n'a jamais excité la sympathie universelle. Il y avait en lui une raideur et une lourdeur qui ont été remarquées non seulement par ses ennemis, mais par des indifférents ou des

1. Lettre de juin 1800; cité par K. Fischer, p. 50; cf. Haym, p. 612.

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