Ibid
ou en le comparant à Fichte, elle dit : «Ila la nid dans sa clarté la plus pure; mais toi, tu as aussi la chaleur, et la lumière peut éclairer, co la chaleur est productrice !. » Une grande intimité intellectuelle ne tarda pas à s'établir entre elle et lui. Au reste l'unité d’inspiration du cénacle romantique n’excluait pas plusles brouilles que les amitiés personnelles.
Cette intimité, parfaitement libre et connue de Schlegel, eût duré et eût sans doute été resserrée par le mariage de
Schelling avec la fille de Caroline, Augusta, qui avait
16 ans en 1800; mais elle mourut le 12 juillet 1800 à la suite d’une maladie rapide. C’est à ce moment que le ton de Caroline qui vécut loin d'Iéna jusqu’au mois d’avril 1801 se fait plus maternel et affectueux; c’est elle, la mère, qui console Schelling de la perte de sa fille; elle prend tous ses intérêts, et se montre plus joyeuse de la réussite du cours de Schelling sur l’idéalisme transcendental, que peinée de l'échec de son mari qui professait à Berlin sur le même sujet. Ainsi l'attrait d’un devoir de consolation à remplir s’ajoutait à l’admiration qu’elle avait pour Schelling. Les discussions d'intérêt qu’elle eut avec son mari, firent le reste; après un voyage à Berlin, elle divorçait le 17 mai 1803 et épousait Schelling le 26 juin suivant.
Tous, ils eurent une attitude très romantique. C’est Caroline qui, dans l'hiver de 1804, prenait soin d’avertir son mari de l’amitié profonde qui la liait à Schelling. C’est Schelling qui, perdant les pourparlers du divorce, avait avec Schlegel une correspondance d’un ton fort amical où il est aussi question de leurs intérêts littéraires communs dans une polémique de presse, et où il est fait allusion à son prochain mariage avec Caroline. Et, quelques années plus tard, c’est sans aucune gêne que le nouveau ménage revit Schlegel. Ainsi la passion naturelle indiqua à chacun sa voie ?.
On a l'habitude de faire débuter une nouvelle période
1. Lettre de janv. 1801, citée par K. Fischer, p. 108. 2, K° préher p. 144- 145.