CHAPITRE II
Pour la première fois, à Iéna, Schelling expose un système de philosophie de la nature.
L'Esquisse marque un profond changement dans l méthode et dans la doctrine. Dans la méthode : c’est à partir de ce moment que Schelling isole complètement les problèmes de philosophie de La nature qui concernent le réel, des problèmes de la philosophie de l'Esprit ou, comme il dit, de l’idéalisme transcendental?. Est-ce à dire que l'esprit idéaliste a abandonné la philosophie de la nature ? Nullement et même tout au contraire ; en un sens, elle n’en a jamais été si près. Tant que, sous l’inspiration de Fichte, il considérait la nature comme ensemble des représentations du moi, ia nature ne pouvait être un tout par elle-même; elle avait son principe non en elle-même, mais dans le moi dont elle était un produit. Or, de plus en plus s'impose à Schelling la vision d’une nature qui est un univers fermé, un organisme qui ne trouve qu’en lui-même les sources de vie et de rajeunissement. C'est donc l’activité de la nature et non le
1. Ersier Entwurf eines Systems der Naturphilosophie für Vorlesungen, 1799; S. W., I, mx, p. 1-268. Il faut se rappeler que, pour Schelling, l'être organisé, synthèse de l'idéal et du réel, système clos, est, par essence, transparent pour la raison.