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L'HISTOIRE DE LA CONSCIENCE

en opposant en lui à l’activité réelle et inconsciente l’activité purement idéale de la réflexion !.

Mais la grande différence porte sur l’esprit même et la direction de la pensée. La Théorie de la Science se termine par la philosophie pratique, et l’Idéalisme transcendental par une philosophie de l’art. C’est que, d'abord, la philosophie pratique n'a pas le même sens chez les deux philosophes ; elle est avant tout, dans Schelling, une philosophie de l’histoire? : l’action est pour Schelling moins la détermination de l’objet par le sujet que la détermination du sujet par lui-même; dans la philosophie théorique, le moi prend conscience de lui-même en tant qu’activité objective; dans la philosophie pratique, il prend conscience de lui-même en tant qu’activité idéale et libre. Dans la première, cette conscience se réfracte dans l’ensemble des produits qui forment le monde extérieur et les conditions intelligibles de ce monde; dans la seconde, elle n’apparaît aussi que dans la série des actions de l’humanité qui forment l’histoire.

Mais, s’ilen est ainsi, l’action ne résout pas du tout, pas même par un progrès à l'infini, le conflit qu'il y a entre l’activité réelle et l’activité idéale : tout s’y passe, en quelque sorte, dans l'idéal. La cause de cette divergence est fort profonde; Fichte entre, pour ainsi dire, en sympathie avec l’action réelle, avec l'effort moral qui implique une victoire sur une résistance extérieure. Schel-

1. P. 454-456. Il ya pourtant, suivant la remarque pénétrante de Hartmann, Schelling, p. 102, une grave différence avec Fichte; chez Fichte, c’est l'activité infinie qui est subjective et l'activité limitante qui est objective; chez Schelling, c’est l'inverse; l'activité limitante assimilée à l’intuition est subjective ; et l’activité infinie, objective, est une réalité en un tout autre sens qu’au sens idéal que lui dounait Fichte. Cf. en effet, Aus Schell. Leb., I, p. 170 : La vraie formule n’est pas Ich bin, mais Ich ist, la conscience humaine est non le point de départ, mais le stade dernier de développement. Braun (p. 118 citant Idéal. transc., p. 595) montre bien l'importance du moi inconscient.

2. Cf. surtout p. 589. Ces deux termes opposés, c’est la théorie et l'histoire : p. 590 : « L'histoire est à la philosophie pratique ce que la nature est à la philosophie théorique », c'est-à-dire deux réalités totales exprimant chacune à leur façon l’activité infinie du moi.

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