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Le Selbstbestimmen, p

74 | L'IDÉALISME TRANSCENDENTAL. ; ling, le spéculatif, considère l’action comme un spectacle : ce qu'il en tire, ce ne sont pas ses résultats réels ou objectifs, les modifications permanentes et durables qu’elle peut produire dans le monde extérieur (d’ailleurs ce monde extérieur est, pour ainsi dire, définitivement clos par la philosophie de la nature), c’est l'augmentation de connaissance de soi-même qu'elle peut donner au moi; or le moi connaît et déroule dans l’histoire toutes ses capacités idéales!. De là les oscillations de ses vues sur la liberté ?; il la cherche en vain parce que son attitude reste seulement spéculative. Est-elle l’action venant de l'individu comme tel? Mais l'individu est nécessairement solidaire des autres et sa liberté est limitée et déterminée par celle des autres. N’est-elle, au contraire, qu’un attribut de l'intuition de la conscience par elle-même?Elle est alors identique avec la nécessité puisque le développement de cette intuition se fait suivant une nécessité interne. Voudrait-on en faire le libre arbitre (Willkür), le choix entre les deux opposés, la loi morale et la tendance naturelle? Il y a là quelque chose de purement illusoire ; en effet, on saït que le but de l’histoire, donc le résultat des actions humaines, doit être réalisé nécessairement, comme une condition de la production de la conscience de soi; l'arbitraire de la volonté, même s’il existe, ne joue donc pas de rôle. Dès maintenant se dégage fort bien un trait important de la philosophie iniellectuelle et morale de Schelling ; il ne croit pas à l'efficacité pratique de l'idéal; pas plus qu'il n’admet le mécanisme dans la nature, il ne croit à une sorte de communication directe entre l'idéal et le réel, et à une transformation progressive du réel ?.

Dans la philosophie pratique l’activité idéale reste en elle-même irrémédiablement opposée à l’activité réelle.

1. P. 597 : « ce qu’il y a d'objectif dans l’histoire, c’est une intuition. intuition de toute l'espèce »; p. 599 : « L'unité de l'objectif pour toutes les intelligences s'explique par une prédétermination de l’histoire toute entière pour l'intuition par une synthèse absolue. »

2. Cf. Braun, Schellings geistige Wandlungen, Leipzig, 1907, p. 18 sq.

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