‹ SchellingChapitre 51 sur 195 · P. 134, note 1 à la fin · texte numérisé non relu

P. 134, note 1 à la fin

6. L’essence c’est l'identité même; la forme c’est la connaissance de l’identité; mais cette connaissance qui est position de l'identité est inséparable de l'identité elle-même (p. 122-123).

ni dualiste, ni moniste au sens des Éléates; l’acosmisme n’est pas le fait d’un romantique et d’un artiste. Mais il n’en est pas moins obligé, pour ne pas sacrifier le rationalisme, d’affirmer le caractère illusoire des variétés qualitatives et des diversités phénoménales, impossibles à loger dans son identité absolue, et, tout comme un cartésien, mais en un autre sens, de n’admettre entre les êtres que des différences quantitatives qui n’affectent pas leur essence .

Les belles théories biologiques de Herder et de Gæthe, l’idée de l'unité du type organique, et celle de la métamorphose sont parmi celles qui ont eu la plus grande influence sur Schelling. Or considérez l’espèce de liaison que ces théories affirment entre des êtres d’une même série, par exemple entre les organes de la fleur; ce n'est

pas la présence d’un élément identique qui les rattache; car on ne peut l’extraire matériellement dans chaque organe de la fleur; ni même la comparaison qui crée les concepts ne saurait l’v trouver dès l’abord ; car, dans ce cas, les caractères des êtres à comparer se présentent simultanément, et aucun n’a de privilège sur l’autre; or le caractère typique, qu'il s’agit de retrouver, peut avoir, dans tel ou tel exemplaire, subi des métamorphoses assez

profondes pour échapper entièrement si l’on n’est guidé .

par une idée préconçue. Supposez maintenant le caractère typique dégagé ; on ne pourra pas davantage, par la pure déduction analytique, reconstruire la variété des êtres où il s’incarne. C’est donc par une espèce de tact et, si l'on veut, d'intuition qu'on le découvrira. Il ne s’agit d’ailleurs pas de l’isoler de la série; sa notion n'est complète que par celle des modifications qu'il subit à travers la série tout entière.

Dans la métamorphose une chose évolue et se transforme sans perdre son identité ?. Un savant de l’entou-

2. « La nature sait produire les formes les plus différentes, en modifiant un seul et même organe » (Gæœthe, La Mélamorphose des plantes, 1790, 8 2).

Fe nf GE STAR (LES INFLUENCES. Se WE

rage de Schelling, Steffens, s'efforce d'appliquer cette

idée de métamorphose aux Fac chimiques; Schelling, qui reproduit en partie ses travaux, est visiblement influencé par eux !.

L’idée de métamorphose prend parfois une forme plus précise et quasi mathématique. On remarque, en effet, que les divers exemplaires d’un même type gravitent en quelque facon autour de ce type, suivant une loi telle que si un caractère donné augmente, l’autre diminue dans une proportion équivalente, le type normal étant représenté par une phase d'équilibre ?.

Même d’autres physiciens spéculatifs comme Baader pensent avoir trouvé dans les combinaisons géométriques, des symboles représentatifs de la façon dont un ètre peut se combiner avec lui-même. A la juxtaposition purement mécanique, correspondant à l’addition, il faut ajouter d’autres symbolesÿ.

Générale est donc la croyance que la science exige une espèce de divination intuitive d’une identité cachée à la perception ordinaire ou à l’entendement discursif : et c’est dans l’entourage de Schelling qu’elle est la plus répandue.

Lorsque Schelling veut concilier ce procédé avec l'unité du savoir, il doit chercher à retrouver en tous les êtres des formes de l'identité absolue.

Le problème de Schelling n’est autre qu’une forme nouvelle, accommodée à la pensée intuitive, du problème de l'isolement de l'essence et de l’accident, et l’élimination de l’accidentel.

11 s’agit de démontrer, ou plutôt de saisir intuitivement que l'essence est l'identité absolue. Et il se sert de deux principes : les déterminations quantitatives d’un être (sa

1. P. 169 sq. ; cf. Zusülze aux Idées, I, 1, 275, Sur la progression arithmétique des alcalis.

Page 1