P. 133, £ 40, et Bruno, p
dans laquelle vient se perdre le sujet comme ravi et emporté dans l’objet!.
Nous voulons d’abord, pour la clarté, décrire ces excès (ou différences quantitatives) comme un phénomène psychologique. Dans la Raison, qui correspond à l'identité absolue, sujet et objet s’interpénètrent complètement, le sujet ne retourne pas sur lui-même pour s’affirmer indépendant, pas plus qu’il ne se perd dans l'objet. Mais, autour de ce point central, il y a, de part et d’autre, le cas de l’action où le sujet s'oppose à l’objet : c’est l'excès de subjectivité, et le cas de la contemplation, sorte d'intuition solidifiée en être, où le sujet se perd dans l’objet; c’est l'excès d’objectivité.
Pourtant, cetie description psychologique est insuffisante : car (c’est le paradoxe de Schelling) la Raison nous place aussi bien en dehors de l'esprit qu’en dehors de la nature. Il faut donc s’efforcer de se représenter les actes que nous venons de décrire en eux-mêmes et privés du soutien du moi (comme certains psychologues de notre temps veulent qu'on se représente des phénomènes psychologiques même complexes, privés de la conscience de soi-même)?. Encore reste-t-il une équivoque; si nous poussions l'effort jusqu’au bout, de façon à apercevoir ces actes intuitifs dans leur réalité après en avoir nié la spiritualité, nous n’arriverions qu’à nous représenter la nature au lieu de l'esprit. Il faut rester au centre, il ne faut pas plus réaliser l'intuition que la spiritualiser. Cest par rapport à cette Raison absolue, type universel, pure identité, qu’il faut comprendre les oscillations où la subjectivité ou l’objectivité sont en excès.
Il y à une vue si vraiment géniale (bien qu’obscurcie par l'horreur de Schelling pour l’analyse psychologique : et peut-être aussi la psychologie de son temps lui fournissait-elle trop peu de moyens d'exprimer sa pensée) qu'il
1. En termes techniques « l'identité absolue est dans l'être individuel sous la même forme sous laquelle elle est dans le tout » (p. 132, 2 39). 2. L'abstraction décrite p. 114.
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