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Propédeutique de 1806, I, vr

Toute l'interprétation de Schelling repose sur une erreur centrale : c’est d’avoir fait de la distinction entre les deux attributs étendue et pensée une opposition, puis d’avoir assimilé cette opposition à la grande opposition, sujet-objet, idéal-réel, universel-particulier, connaïtreêtre, issue de la philosophie critique et que le but de Schelling était précisément de faire disparaitre !. Comme le Dieu de Spinoza est l’unité d’où dérivent ces attributs, Schelling est amené à le confondre avec sa propre identité absolue. Aussi ne peut-il prendre au sérieux l’affirmation catégorique de Spinoza que Dieu a une infinité d’attributs ?.

Selon Schelling, la différence la plus importante entre Spinoza et lui serait que Spinoza ne peut arriver à construire les modes et les attributs de la substance éternelle ; c’est l'expérience seule qui peut le fixer sur leur existence et leur nature. C’est parce que, pense Schelling, ces modes et ces attributs ne peuvent être produits que par l'épanouissement ou l’objectivation de l’Idéal, mais que l'Idéal de Spinoza est immédiatement objectivé; l'intervalle où se construisait la multiplicité des êtres est donc supprimé.

C'est bien là, en effet, qu'est La principale différence ; mais Schelling en a mal compris la portée. Spinoza n’a nullement sacrifié la réalité du fini, du multiple, de l’individuel; il n’aurait sans doute pas souscrit à l'affirmation de Schelling que la science a à faire disparaître le multiple, qu’il ne s’agit pas de le déduire, mais de le supprimer *. Et c’est, en effet, le problème du salut de l’individu dont il a tenté la solution. Le Spinoza mystique est individualiste. C’est plutôt le Spinoza mathématicien et mécaniste qui paraît faire sombrer l'existence des êtres finis dans l'unité de la substance; mais, sous ce rapport, il reste tout à fait étranger à Schelling.

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