‹ SchellingChapitre 59 sur 195 · D'après Jacobi, p · texte numérisé non relu

D'après Jacobi, p

Dans l'Exposition, la réalité idéale de l'univers a complètement évincé la réalité empirique; le système des formes fixes et immuables a définitivement remplacé l’activité mobile, sans cesse en devenir, de la philosophie de l'Esquisse. Maïs il s'agit, pour Schelling, de rendre la vision même de l'Univers adéquate à ces nouvelles exigences : or la forme abstraite de l'Exposition s'y prêtait fort peu !; sans doute, il démontre que la philosophie n’a pas à expliquer le phénomène, parce que le phénomène n’est rien pour la raison ?; mais il ne suggère nullement la vision positive, intuitive qui doit se substituer à la fausse connaissance phénoménale. Et, d’autre part, cette vision doit être décrite, si l’on ne veut pas borner l'Univers à un simple système de concepts.

De plus, cet univers est tout aussi bien celui de l’art et de la religion que celui de la science : dans sa totalité il est beauté ? et bonté, non moins qu’il n’est vérité; il doit satisfaire toutes les aspirations de l’homme, non pas comme un idéal à réaliser mais comme une harmonie toute voisine.

C'est dans le Bruno que s’équilibrent le plus parfaitement ces tendances à faire de l'Univers à la fois une totalité systématique pénétrable à la Raison, une œuvre d’art parfaitement harmonieuse, et enfin une œuvre parfaitement bonne et divine. C’est l’ouvrage le plus romantique de Schelling, celui où la religiosité esthétique atteint son plus haut degré : c'est Platon, le Platon religieux et artiste de Schleiermacher # et de Schlegel qui est ici son inspirateur.

Mais c’est aussi le Platon naturaliste Fe philosophes de la Renaissance. L’idéalisme de ceux-ci consiste dans un dynamisme qui relie l’Idée au fait par le concept de

1. Il y a plus d'images motrices que visuelles ; cf. la répétition continuelle du mot sireben, par exemple p. 181.

Page 1