RUPTURE AVEC FICHTE
conscience, etrevenir au dogmatisme. Le principe suprême reste, en soi, incompréhensible.
Pour Schelling!, il ne croit plus maintenant à l’accord; mais il pense encore que le désaccord vient non pas du fond de la pensée, mais d’une contradiction interne du système. Il prétend, en effet, établir dans le Bruno que le Ich absolu de Fichte (le Lucien du dialogue reproduit successivement toutes les objections de Fichte) n’est pas différent de sa propre identité absolue*.
Ou bien le moi absolu pris en soi, ce moi qui se pose seulement comme identique à lui-même, n’est en rien différent de l'identité absolue. C’est ce qui résulte de la théorie de l'intuition intellectuelle, commune à Schelling et à Fichte, mais qui n’était pas comprise par Fichte en un sens assez plein ÿ.
Ou bien Fichte veut retenir le moi absolu seulement sous la forme où il se présente dans la conscience finie et donnée (et, en effet, pour des raisons qui tiennent à tout l’équilibre de son système, Fichte veut que le moi absolu et identique soit à la limite du progrès infini non comme un abîme où se perde la qualité du moi fini, mais comme un idéal qui l’exalte à l'infini) ; mais le moi absolu ne peut continuer à s'appeler un moi que si la synthèse du sujetet de l’objet, l'intuition intellectuelle, qui, en elle-même, est indépendante de l'aspect subjectif qu’elle peut avoir en tant que moi, est prise exclusivement sous son aspect subjectif, comme constitutive du moi. D'abord Fichte limite par là l'intuition philosophique; il la considère abstraitement. 11 faut ainsi qu’il reconnaisse qu'il ne peut échapper
1. Cf.1° Darstellung, p. 109-111; 2° Bruno, p. 301; 3° Zusülze in Ideen, p. 68 et 72; 4° Ferner. Darstellungen, p. 353-360; 5° Briefwechsel, p. 93 sq.