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phiques du monde primitif. I] y admet deux sortes de mythes : les mythes historiques qui n’ont d'autre but que l'exposition des faits racontés, et les mythes philosophiques « qui ne veulent pas être compris au sens propre, mais veulent convaincre de la vérité qu'ils représentent? ». L'idée la plus remarquable de ce traité et qui restera le fond de sa Philosophie de la mythologie, c’est que le mythe n'est pas un simple revêtement d'idées philosophiques inventées antérieurement et pour elles-
mêmes, c’est, chez l’homme primitif, le langage direct
de la pensée philosophique ; car cette pensée n’est pas dès lors abstraite, mais imagée, conformément au caractère sensible et intuitif de l'intelligence d’alors5. L'idée abstraite n’est donc pas une expression privilégiée et
‘immédiate de la pensée philosophique : Schelling n’a traversé aucune scolastique qui ait obscurci cette notion.
Plutôt que dans l’enseignement du séminaire, c’est dans les échos recus du dehors, particulièrement de l’enseignement de Fichte à l’université d’Iéna, c’est dans les conversations ardentes avec un cercle de camarades intimes, tels que Hülderlin, le futur poète d'Empédocle, et Hegel de quatre ans plus âgé, qu'il faut chercher le début de son activité philosophique. Non qu'il y eût aucun travail suivi :
ilne lit pas Kant; il connait la Critique de la raison pure
par lesexplications de Schulze; et lorsqu'il publie son premier petit traité philosophique Sur la possibilité d’une
forme de la philosophie en général, 11 ne connaît que les | premières pages de la Théorie de la science. À vrai dire la . philosophie signifie pour lui moins une doctrine précise
qu'un idéal — assez vague — de liberté politique et surtout spirituelle. Ces aspirations se manifestent aussi bien par l’enfantillage d’une traduction de la Marseillaise, qui lui
attire les réprimandes du prince Charles, que par la foi