Ibid., p
dans la valeur sociale de la philosophie nouvelle, qui doit avoir pour effet une révolution spirituelle, enfin par l'inclination de plus en plus grande pour la philosophie de Fichte, persécutée à léna par les maîtres et par les étudiants. Il ne s’agit pas de l’enseignement d’une vérité abstraite, mais d’une « bonne cause » qu'il presse son ami Hegel de professer publiquement.
Cette ardente propagande en faveur de Fichte, tout autant que l'appréciation de Fichte lui-même, ont amené à désigner sous le nom de période fichtéenne l’époque de Tübingen et de Leipzig où Schelling écrit ses premiers traités de philosophie générale : un accordcompletavec Fichte aurait donc précédé la période suivante qui est celle de la philosophie de lanature. Pourtant de ces traités les uns, écrits à Tübingen, sont antérieurs aux études physiques de Leipzig, tandis que les autres, écrits à Leipzig, sont de la mème époque que les deux premiers grands traités de philosophie de la Nature. Or Metzger a démontré récemment par une analyse très serrée des traités de l’époque de
Tübingen que l'influence de Fichte fut, dès le début, beau-
coup moins considérable qu'on ne le croit en général. La doctrine de Fichte reposait sur Le criticisme kantien, qui est une doctrine de la connaïssance : etSchelling, peu au courant desidées de Kant, ne se place pas au point de vue de la théorie de la connaissance pour la comprendre et la juger.
Le principe de Fichte, le moi, est directement issu de
, l'unité synthétique de l’aperception de Kant; dansle traité de Schelling, le moi n’est qu’un nom qu’il donue à l’absolu inconditionné conçu sous l'influence de Spinoza ; on
1. K. Fischer, p. 10-13; Fichles und Schellings philosophischer Brief: wechsel : en 1795, Schelling « connaissait seulement les premières feuilles de la Théorie de la Science de Fichte », bien qu'il parle avec enthousiasme de Fichte dans sa correspondanceà Hegel, 21 juillet 1795 (Aus Sc. Leb.,
I, p. 79; surtout la fin de la lettre de janv. 1796, p. 91). Cet enthousiasme
juvénile et encore mal éclairé marque, suivant l'expression de Braun, « l'invasion dans la prudence critique du nord de l’intellect brillant du sud qui ne peut supporter nn cercle si étroit ».
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