‹ SchellingChapitre 80 sur 195 · WINCKELMANN · texte numérisé non relu

WINCKELMANN

tous Les arts; la mythologie est la condition essentielle de tout art. Il est pourtant évident qu'appliqué à la musique ou à la peinture comme telle, ou à la poésie lyrique, le principe n'a plus aucun sens; et, en fait, de ce principe prétendu universel, l’auteur ne montre l’application que dans des cas très particuliers.

Qu’a-t-il emprunté à chacun? À Winckelmann d’abord, « le père de toute science de l’art dont les vues sont maintenantencore, et resteront toujours les plus élevées! »? Cet historien de l’art antique, mort. en 1768, est traité par les romantiques comme un précurseur de génie, un solitaire avant-coureur? dont ils aiment à opposer l’intuition vivante à la sécheresse de Lessing. Le mouvement issu de Winckelmann est, en quelque façon, une seconde Renaissance de l'antiquité ; pour la seconde fois, après la période incertaine du xvnr siècle et du xvin° siècle franchementmodernisant, on retourne aux modèles antiques. Mais cette renaissance, très savante et très réfléchie, est fondée sur un effort d'interprétation historique de l’antiquité. Winckelmann avait lui-même conscience d’être un chef d'école, et croyait déjà, en bon romantique et tout comme Schelling le croit encore, que la critique d'art pouvait créer ou du moins inspirer les artistes : « Tâchons, dit-il, de discuter ces objets intéressants de manière qu'ils ne servent pas seulement de nourriture au savoir, mais aussi de maxime à la pratique. L’examen de l’art chez les Grecs doit nous servir de règles pour juger et pour opérer. » Quelque médiocre qu'ait été l’art pseudo-grec éclos de pareilles théories, lui-même eut, de l’art grec, une vision entièrement personnelle et précise, une aussi, qui eut une considérable influence sur toute la critique romantique et sur Schelling en particulier.

Page 1