MYTHOLOGIE ET CHRISTIANISME
veut plusse poser pour lui-même, mais signifier l’infini : le fini c'est la croix du Christ qui est en elle-même infamante, et, par ce qu’elle signifie, glorieuse. Le fini (Christ) n’est que le messager de l'infini (Esprit). Dans le paganisme, le fini s’affirmait par l’héroiïsme et la bravoure ; dans le christianisme (et c’est là tout le principe de la morale de Schopenhauer), il met sa valeur propre
et s’humilie dans les vertus féminines de douceur et
d'amour !.
Le fini devient révélation de l'esprit, de l'infini. Mais (et Schelling intègre en somme ici toute la doctrine fichtéenne) on sait que c’est par l’action et par une espèce de déroulement dans le temps que s'opère, en quelque sorte, la réduction du fini. L'important, dans le christianisme, c’est l’action, ce sont les individualités, c'est l’histoire ?.
Le contenu de la religion chrétienne, c’est non plus des images, mais des actes symboliques, comme le baptême et les sacrements. Sa forme historique est celle d’une église universelle, « catholique » qui absorbe les usages religieux des anciens peuples. La cosmogonie des anciennes mythologies y est remplacée par une histoire universelle dont font partie les événements de la création et de l’incarnation. Le polythéisme, avec ses formes fixes, est détruit : la théologie chrétienne n’a, malgré les apparences, rien'd’une mythologie ; la doctrine de la trinité a un caractère purement philosophique; le Christ n’est pas un personnage mythologique; il annonce plutôt la fin de la mythologie. Les anges ne sont pas davantage, sauf exception, des personnages poétiques; ils sont sans réalité corporelle, et considérés seulement comme productions divines.
Enfin l'univers mythologique était indépendant de l'individu, parce qu’il se fait d'un coup; le christianisme