‹ SchellingChapitre 87 sur 195 · P. 420; 427 sq · texte numérisé non relu

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se réalise au contraire par à coup, sous l’action personnelle des prophètes et des voyants f.

Le principe idéal qui agit dans le christianisme c’est la liberté, destruction des formes, qui consume les êtres finis, le principe du temps qui est la perpétuelle destruction du fini. Ce principe destructeur se manifeste à l’extrème dans deux directions toutes deux contraires à l'équilibre catholique : d’abord le mysticisme qui nie le fondement historique du christianisme en le réduisant à un principe purement idéal; contre lui, et dès ses débuts, le christianisme historique a toujours protesté (hérésies gnostiques). Puis le protestantisme ; son résultat est l'Aufklärung qui nie toutes les formes particulières des religions, et par conséquent toute religion. Vaine tentative que d'essayer, comme les théologiens protestants, de la réconcilier avec la religion.

Le mysticisme et les « lumières » sont autant l’un que les autres contraires à la formation d’une mythologie parce qu’ils sont des principes purement idéalistes. Milton et Klopstock sont allés contre l’esprit du christianisme en transformant le Christ et les anges en personnages mythologiques?.

Le principe individualiste y est également contraire, ou tout au moins il la limite : il ne peut y avoir que des mythologies. Chaque poète se crée un cycle particulier.

D'autre part, comme historique et révélé, le christianisme à en lui une matière mythologique qui échappait à l'antiquité : c’est le merveilleux, le miracle, notion impossible lorsque, comme dans le paganisme, il y a fusion parfaite entre fini et infini. L'infini qui force en quelque sorte l'entrée du monde sensible dans les légendes des saints devient, sous cette forme particulière, objet de mythes ?.

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