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à vouloir en chercher une origine psychologique ou historique. Il est le complément nécessaire, indispensable de la raison, sa manifestation!.
Au fond ce ne peut être que par leur matière et leurs techniques que les arts se distinguent les uns des autres; c’est en effet la même intuition esthétique qui en passant par toutes les formes possibles engendrent tous les arts possibles.
Considérons-la donc d’abord figée en quelque sorte dans les formes arrêtées des arts plastiques.
Dans ce domaine, elle parcourt encore toutes les formes ou puissances possibles, qui sont marquées par la musique, la peinture et la plastique.
La musique est l’art de la première dimension ou du temps; comme le magnétisme dans la nature, elle est Le premier moment dans l'univers des formes plastiques. Dans la mesure où la ligne est le premier composant abstrait de la forme, la musique est un art plastique. Mais si ce caractère d'art de la succession et en quelque sorte linéaire est indéniable, cette définition néglige, semblet-il, la matière même de la musique, le son. Ce n’est là qu’une apparence : il y a en réalité liaison intime entre le son et la ligne physique et solide du magnétisme. Le son n’est rien, en lui-même, que le retour de la dispersion à une cohésion plus grande; il est donc comme l’âme de la cohésion et de la solidité. Mais la musique contient bien entendu en elle toute l'intuition esthétique, grosse de tout son développement. Elle se disperse pour se concentrer ensuite, et arriver finalement à l'équilibre; elle se disperse et se divise dans le rythme; dans le rythme, c’est l’'homogène qui se divise et s'oppose à lui-même ; le rythme est ce qu’il y à dans la musique d’essentiellement musical. Puis elle se concentre dans la modulation, qui est en quelque sorte la couleur sonore. La modulation et le rythme s'unissent enfin dans la mélodie qui est
proprement le obté plastique de la musique. Partant d'une hypothèse de Rousseau qui voit dans le choral religieux à une voix le reste de la musique antique, Schelling oppose la mélodie rythmée des anciens à l'harmonie des modernes, comme l'esprit antique au moderne. La mélodie rythmée exprime la civilisation réaliste, celle qui s’épand en formes arrêtées et solides ; elle est vigoureuse et satisfaite d’elle-même. L’harmonie des modernes fait effort pour dépasser la dimension linéaire à laquelle est assujettie la musique ; on sent en elle le désir, la tendance vers l'infini. C’est au xu° siècle que Le chant à plusieurs voix a commencé, et c’est ainsi que s'oppose le rythme de Sophocle au « contrepoint dramatique » de Shakespeare.
La musique a donc une signification dans l’histoire de la culture; mais elle a encore un sens universel; elle est mobilité pure sans mobile ; et c’est la même intuition identique qui se manifeste dans les lois du mouvement des astres, et dans celles de l'harmonie musicale. Donc ces dernières doivent et peuvent être fondées, comme l’art tout entier, sur la philosophie de la nature. L’harmonie musicale est, dans l’art, le correspondant de l’harmonie des mouvements dans la nature. L'art n’est pas une simple technique humaine : il a une signification dans l'univers, ou plutôt son univers reproduit, à sa façon, l'univers naturel.
Les principes de la peinture sont fondés sur la (bo de la lumière et des couleurs de Gœthe, et sur la conception de la lumière dans la philosophie de la nature. La lumière c’est, on le sait, l'intuition qui tout en restant fixée dans le fini, devient idéale, de réelle qu’elle était dans le son. La couleur n’est que la « lumière ternie »; c’est le résultat du conflit de la lumière avec la matière.
La peinture contient, indivisée, l’intuition esthétique toute entière. Suivant sa loi cette intuition se fixe d’abord