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4. IL diffère cependant de Kant, en ce qu’il considère la croyance non comme une conviction subjective, mais comme une sorte de réalité absolue. La croyance est « das Hôchste, nicht ein Kantisches bloss subjectiv zurei-

chendes und reflectirtes Fürwahrhalten » (Lettre à Schelling du 30 mars 1804; Aus Sch. Leben, p. 13).

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OBJECTIONS D'ESCHENMAYER. 169

. : k | . ( tout leur sens qu’à l’occasion du problème du mal ou de celui de la rédemption. Cette idée, universellement partagée, donne son aspect particulier au problème universel qui s'impose à toute philosophie spéculative : le rapport du réel et du rationnel.

Il va sans dire qu’un dualisme comme celui d’Eschenmayer (et nous le verrons de Jacobi) répugnait à l'esprit de Schelling. Au reste, cette opposition de la philosophie et do la religion lui apparaît comme un phénomène historique tout à fait accidentel, dérivé du caractère exotérique qu'a pris la religion chrétienne, et contraire aux plus vieilles traditions antiques".

Mais d’autre part, puisqu'il ne peut être question de supprimer de pareïls problèmes, on est bien contraint de l’accepter si la philosophie ne peut en donner de solution. Il est vrai que Schelling s'était contenté dans le Darstellung de supprimer le problème de l’origine des êtres finis, comme mal posé. Maïs il a vu par la suite la solidarité de ce problème avec une foule d’autres, celui de la liberté, de l'origine du mal, etc., que l’on ne peut aussi facilement supprimer. L'article « Philosophie et Religion » est donc destiné à chercher cette solution, en se plaçant sur le terrain du Bruno et de la Première Exposition*.

Comprenons bien, pour éviter tout malentendu sur les évolutions de la pensée de Schelling, la méthode qu'il veut appliquer. Il ne s’agit ni de réfuter Eschenmayer, ni de déduire mécaniquement du système de l'identité la solution du problème religieux, comme des corollaires d’un principe, mais en suivant ab ovo le déroulement spontané du principe suprême de voir comment le point de vue d’Eschenmayer se retrouve comme un point de

1. Ph. und Rel., p. 16; cf. l'appendice sur les mystères, p. 65 sq.

2. Lettre d'avril 1804 à Eschenmayer (Aus Sch. Leb.,p. 14). L'écrit d'Eschenmayer lui à fait voir qu’il fallait aller un peu plus loin : seulement « il croit trouver cette sphère nouvelle encore dans la spéculation, et y voir bien plus clair par cet organe (la spéculation) que par la croyance ».

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vue subordonné, et comment ces problèmes se posent et

. se résolvent pour ainsi dire à leur place marquée.

Aussi la question des modifications de la pensée de Schelling consiste à chercher non pas directement comment les principes se sont modifiés, mais plutôt comment les questions à résoudre ont réagi sur des principes qui n'étaient pas faits primitivement pour les résoudre. Jusqu’à quel point même elles sont conscientes, est un problème fort délicat mais qui ne vient qu’ensuite.

La nouveauté essentielle de ce traité est une explication de la nature et de l’histoire fondée sur une interprétation philosophique des idées religieuses de chute et de rédemption; ces faits eux-mêmes ne sont possibles que par la liberté qui est aussi, non pas expliquée, mais posée comme un terme nécessaire dans l’ensemble de l'univers moral.

Mais ces faits ne sont-ils pas par nature irrationnels ? Il faut se rappeler que les limites de la religion rationnelle sont en Allemagne singulièrement plus étendues que celles du culte de la Raison, que Kant dans sa « Religion dans Les limites de la simple raison »,ouvrage admiré de Schelling, a fait de ces idées l’objet de recherches philosophiques, et qu’enfin Schelling subit l'influence de l'esprit de son temps : or, c’est l’époque des religions philosophiques non plus à la mode française où la réalité religieuse devient exsangue, mais à la mode allemande où la religion toute entière, avec sa spiritualité et ses croyances révélées, doit être non pas limitée, mais accrue et assimilée par la raison.

Il nous faut donc chercher comment l’idée de chute pouvait être interprétée dans le système de l’identité pour fournir l'explication qu’on lui demandait,

Dans son ensemble le traité repose sur une démonsiration par l’absurde : 4° Il n’y a aucune liaison continue, aucune transition possible entre l’absolu et les êtres finis; 2° on ne trouve donc dans l’Absolu aucun moyen d'expliquer l’existence des êtres finis (avec toutes leurs

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