‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 105 sur 120 · Suppléments au quatrième livre, chap. xlyiii · texte numérisé non relu

Suppléments au quatrième livre, chap. xlyiii

« PARERGA ET PARAUPOMENA )) 295

vérité allégorique ; mais elle est obligée de la présenter comme vraie au sens propre. Or, Tex tension de plus en plus grande des connaissances historiques, physiques et même philosophiques fait que le nombre des hommes à qui le sens allégorique ne suffit plus devient toujours plus considérable; et ces hommes demandent enfin de plus en plus impérieusement ce qui est réellement vrai au sens propre ^. »

Schopenhauer rejette en bloc toutes les religions optimistes, « le propre d'une religion étant de persuader à ses fidèles que notre véritable existence n'est pas bornée à la vie actuelle, mais qu'elle est infinie 2 ». H fait grâce au polythéisme grec, en faveur de l'impulsion qu'il a donnée aux arts. Il blâme le protestantisme d'avoir voulu sanctifier la vie, au lieu de la flétrir : (( religion bonne pour des pasteurs mariés, aisés et éclairés 3». Mais « le judaïsme est la plus grossière des religions ; il ne connaît ni l'immortalité ni la métempsycose ; il consiste uniquement en ,un théisme absurde et révoltant. Le Seigneur, qui a créé le monde, veut être honoré ; il est jaloux des autres dieux ; il s'irrite quand on leur sacrifie, et alors, malheur aux Juifs I Le méchant est puni dans ses descendants jusqu'à la quatrième génération; la récompense de l'homme juste est de vivre longtemps sur la terre *. » Schopenhauer ajoute, il est vrai, — et cette restriction explique jusqu'à un certain point son jugement, — que le véritable Judaïsme est contenu u dans la Genèse et dans les

1. Parer ga und Paralipomena : Ueber die Universitàtsphirlosophie.

2. Parerga und Paralipomena : Fragmente zur Geschichte der Philosophie^ § 13, note.

3. Die Welt àls Wille und Vorstellung, suppléments au quatrième livre, chap. xlviii.

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