‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 116 sur 120 · Môme cb apitre · texte numérisé non relu

Môme cb apitre

3. Dio Wélt aU WUle inid VorsteUung, suppléments au premier livre, chap. xv.

l'écrivain 335

pour lequel il a fait le plus de recherches, la Volonté dans la nature, le naturaliste trouverait sans pei^e des faits inexacts. Il n'était pas non plus, comme Goethe, un de ces hommes a qui ont tout lu ». Mais ses auteurs étaient de ceux qu'on relit; c'étaient ses familiers de l'après-midi, quand il avait consacré la matinée au travail personnel : Goethe d'abord, ensuite Shakespeare, Calderon et les moralistes français, sans parler de Kant et de Platon, où s'alimentait sa philosophie, u La lecture, dit-il, n'est qu'un succédané de la pensée. On laisse mener son esprit à la lisière par un autre. Beaucoup de livres servent seulement à montrer combien il y a de chemins de traverse où l'on peut s'égarer, il ne faut lire que quand la source vive de la pensée cesse de jaillir, ce qui peut arriver aux meilleures tètes. Mais chasser une pensée personnelle et originale pour prendre un livre, c'est un péché contre le Saint-Esprit ; c'est tourner le dos à la nature , pour considérer un herbier ou un paysage en gravure ^. »

Les poètes et les moralistes dont Schopenhauer recommande la lecture, et que l'on peut considérer comme ses modèles, appartiennent à cette classe d'écrivains qu'il appelle objectifs, ou encore naïfs, qui mettent leur unique ambition à être les interprètes de la nature. Leur expression est tellement juste, que le lecteur croit voir par leurs yeux. Le mot disparaît, il ne reste que la chose même, a La naïveté, dit Schopenhauer, est le vêtement d'honneur du génie, comme la nudité est celui de la beauté ^. » Elle rejette tous les faux ornements qui ne sont faits que pour voiler la maigreur de l'idée ou même pour suppléer à l'idée

1. Parerga und Paralipomenay deuxième partie, chap. xxii : Seîbstdenken, §§ 260, 261 .

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