‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 16 sur 120 · Concept, Begriff; conception, Inbegriff · texte numérisé non relu

Concept, Begriff; conception, Inbegriff

42 SGHOPENHAUER

Schopenhauer poursuit de ses incessantes épigrammes Fidéalisme absolu et le panthéisme. Mais, fidèle à son maître Kant, il s'oppose non moins énergiquement au matérialisme pur. La connaissance, même sensible, est, pour lui, avant tout, l'œuvre de l'intelligence, à laquelle les sens ne font que servir d'instruments. « Il faut que l'entendement crée d'abord lui-même le monde objectif. Ce n'est pas le monde qui entre ^ tout fait dans notre tête par la porte des sens et par les ouvertures de leurs organes. Les sens ne fournissent rien de plus que la matière brute, que l'entendement transforme d'abord, au moyen des formes simples de l'espace, du temps et de la causalité, en perception objective d'im monde matériel réglé par des lois. Par suite, notre perception journalière, notre perception empirique, est une perception intellectuelle 2. »

Kant aurait pu signer ce passage. La doctrine du premier ouvrage de Schopenhauer n'était, en somme, malgré quelques réserves de détail, que le pur kantisme ; et ce fut peut-être une des causes de son peu de succès. Johanna Schopenhauer fut la première à se divertir de la Quadruple Racine de son fils. «C'est sans doute quelque chose pour les pharmaciens», disait-elle. Mais le titre n'aurait pas suffi pour éloigner les lecteurs ; l'ouvrage contenait en lui-même des causes d'insuccès. Après que Fichte et Schelling avaient déjà formulé leurs systèmes, quand Hegel avait déjà publié sa Phénoménologie et commencé la publication de la Logique, la théorie de la connaissance de Schopenhauer pouvait paraître un kantisme arriéré. Lui-même, du reste, ignorait de parti pris tout le mouvement philosophique qui s'était accompli

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