Lettre ùa 12 jaillet
SGHOPENHAUER ET GGBTHE 51
je ne peux pas le refuser, parce qu'il l'a dit à tout le monde excepté à moi ; il nous divertit beaucoup avec son bel uniforme, son grand panache et sa clef d'or *. » Voulant garder sa liberté, elle s'en tint à son sigisbée, comme elle l'appelait, le conseiller Conta, qui demeurait dans la même maison qu'elle, mais qui fut bientôt envoyé en mission diplomatique. «Quand je voulais sortir, j'avais son bras. Quand je voulais jouer aux échecs, il jouait ; et quand je voulais qu'on me fît la lecture, il lisait. Quand je voulais entendre de la musique, il chantait en s'accompagnant de la guitare ; et quand je voulais jouer à quatre mains, il se mettait au piano. Quand je voulais peindre, il posait ; et quand je voulais être seule, il s'en allait. Je ne trouverai plus jamais un sigisbée comme lui ^, » Le départ de Conta lui laissa un vide, qui fut quelque temps rempli par Femow ; mais Femow mourut au mois de décembre 1808.
Lorsque Schopenhauer, au mois de mai 1813, passa par Weimar pour se rendre à Rudolstadt, il trouva un fade bel esprit installé dans la maison de sa mère et à sa table. C'était Frédéric Mûller, dit de Gerstenbergk, attaché, avec le titre de conseiller de gouvernement, aux archives secrètes de Weimar. Il était fils d'un conseiller de justice du duché de Saxe-Altenbourg, et avait alors trente-trois ans; il avait été adopté et anobli par un oncle maternel. C'était un de ces hommes qui s'insinuent dans la familiarité des écrivains, colportent les petites nouvelles littéraires, dépensent la moitié de leur esprit dans les salons et l'autre moitié dans les gazettes. Johanna Schopenhauer a inséré des poésies de lui dans son premier roman, Gabrielle, qu'elle publia