‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 23 sur 120 · SCHOPENHAUER ET GOETHE · texte numérisé non relu

SCHOPENHAUER ET GOETHE

mais dont le ton très personnel, quoique très respectueuXy n'était pas fait pour le faire revenir sur sa déter* mination. Tantôt Schopenhauer insinuait que Grœthe, en prenant le travail de son disciple sous son patronage, « en tenant Tenfant sur les fonts de baptême i>» trouverait l'occasion de rectifier lui-même» de sa pleine initiative et avec la vraie conscience |du savant» des erreurs que ses adversaires ne manqueraient pas tôt ou tard de lui reprocher ; tantôt, avec une franchise un peu outrecuidante, il semblait faire de Gœthe un précurseur qui lui avait préparé les voies :

(( Je sais avec une entière certitude que c'est moi qui ai donné la première théorie vraie de la couleur, la première aussi loin qu'on peut remonter dans l'histoire de la science ; je sais aussi que cette théorie sera un jour universellement admise et qu'elle sera enseignée aux enfants des écoles, que l'honneur de la découverte me revienne à moi ou à un autre qui l'aura faite de son côté ou qui me l'aura dérobée. Mais je sais non moins certainement que je n'aurais rien fait sans vos travaux antérieurs et plus considérables. Je crois que cette conviction ressort du ton général et de chaque ligne de mon ouvrage : je ne suis que votre champion... Votre théorie est une pyramide dont la mienne est le sommet ; la pyramide entière suppose le sommet, mais vous m'avez laissé le soin de le poser... Vous avez fait le siège en règle de la vieille forteresse ; tout homme expert la voit chanceler et sait qu'elle ne peut manquer de s'écrouler. Mais les invalides qui la gardent refusent de capituler, et braillent à tous les vents leur fade Te Deum, J'ai suivi vos tranchées et creusé une mine qui fera tout sauter d'un seul coup ^... »

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