Schemann, ouvrage cité
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Goethe, qui acceptait la critiqfue, lorsqu'elle était sérieuse, pour ses ouvrages littéraires, supportait mal la contradiction quand il s'agissait de sa théorie des couleurs. Il croyait bien, du reste, malgré l'avis de Schopenhauer, avoir élevé sa pyramide jusqu'au sommet. Un jour, bien plus tard, Eckermann ayant risqué devant lui une objection sur un point de détail, il lui répondit : tt II se passe pour ma théorie des couleurs ce qui s'est passé pour la doctrine chrétienne. On croit quelque temps avoir des disciples fidèles, et, avant qu'on s'en doute, ils se séparent de vous et forment une secte. Vous êtes un hérétique, comme les autres ; car vous n'êtes pas le premier qui m'ait abandonné. Je me suis séparé des hommes les meilleurs, pour des divergences sur quelques points de ma théorie des couleurs. » Eckermann ajoute : « Il me cita des noms connus ^. »
L'un de ces noms était sans doute celui de Schopenhauer. Goethe lui renvoya son manuscrit, sur sa demande, le 23 janvier 1816, en l'accompagnant d'une lettre où il disait : « Tenez-moi au courant de vos occupations, auxquelles je ne manquerai jamais de m'intéresser. Je suis trop vieux pour m'approprier les manières de voir des autres ; mais j'aime bien m'instruire, historiquement et dans la mesure du possible, de ce qu'ils ont pensé et de ce qu'ils pensent encore. » Le traité de Schopenhauer parut quatre mois après, et, dès le 4 mai, Goethe en recevait le premier exemplaire.
Plus tard, rédigeant ses Annales, «t rappelant ses souvenirs de 1816, Goethe disait : « Dans la discussion sur les couleurs, le docteur Schopenhauer se rangea de mon côté comme un ami bienveillant. Nous traitâmes différentes questions en commun, mais enfin nous