De la sensation^ chap. m
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que, si Tun ou l'auffé de ces éléments était supprimé, le monde ne pooirait plus être appelé Cosmos, et la merveilleuse beauté de la nature ne pourrait plus se représenter à notre vue. Tout ce qui est visible dans le monde ne l'est que par une lumière ombrée ou une ombre éclairée. La couleur est donc la propriété d'un corps obscurci, ou, comme disent quelques-uns, une lumière mêlée d'ombre, un produit de la lumière et des ténèbres^. » Ici le père Kircher parle en poète; ailleurs il parle en théologien, et il explique la production de la couleur par des fins téléologiques. Si la voûte du ciel nous apparaît bleue, cela tient, dit-il, à ce que la sage nature, pour empêcher que notre regard ne se perde dans les abîmes de l'immensité ténébreuse, a voulu limiter le champ de notre vue par une surface qui ne fût ni trop éclatante ni trop sombre; elle a choisi le bleu, couleur moyenne, faite d'un mélange de lumière et d'ombre, qui, sans fatiguer ni blesser notre œil, nous permet d'admirer à notre aise la splendeur des espaces célestes.
Descartes ne s'est occupé qu'accidentellement des couleurs, à propos de ses recherches sur l'arc-en-ciel. Goethe lui reproche de manquer d'imagination, ou plutôt — à propos de ses tourbillons — de ne trouver que des symboles grossiers pour faire comprendre ce qui est incompréhensible. Descartes attribue aux globules ou aux petites boules qui, selon lui, constituent la lumière, outre leur mouvement rectiligne, un mouvement de rotation autour de leur axe ; et c'est la différence de vitesse de cette rotation qui détermine, selon lui, la variété des couleurs 2. Mais qu'est-ce qui