‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 29 sur 120 · Optique physiologique, deuxième partie · texte numérisé non relu

Optique physiologique, deuxième partie

angulaire du système de Newton. Le prisme n'est, pour lui, qu'un milieu trouble ; il produit, par la réfraction, non pas une image, mais deux images superposées, Tune claire, l'autre obscure, semblables à l'image nette et aux images vagues que renvoient la face étamée et la face polie d'un miroir. Là où l'image claire empiète sur l'image obscure, se produit le bleu ; là, au contraire, où l'image obscure empiète sur l'image claire, c'est le jaune qui se produit. Mais, si les deux images sont également réfractées, comment peuvent-elles empiéter inégalement l'une sur l'autre ? Comment, surtout, des images qui n'ont aucune réalité objective peuvent-elles produire les effets physiques d'un milieu trouble ? C'est ce qui n'apparaît pas clairement dans l'exposition de Goethe ^.

Il faut toujours se souvenir que Goethe, primitivement, parle à des artistes, et non à des physiciens. Lui-même, il est vrai, ne s'en souvient pas toujours, notamment dans sa polémique contre Newton; mais il le dit encore à la fin de sa Partie didactique : « Les besoins du peintre, qui ne trouvait aucun secours dans les théories antérieures, qui n'avait d'autre guide dans l'emploi des couleurs que son goût personnel et une tradition incertaine, dont la pratique ne reposait par conséquent sur aucune base théorique, ce sont ces besoins qui ont d'abord déterminé l'auteur à reprendre à nouveau le problème de la couleur. » Si Gœthe s'en était tenu à ce premier point de vue, son ouvrage serait inattaquable ; il aurait trouvé dans sa riche expérience une somme d'observations des plus suggestives et dont les artistes de son temps auraient pu profiter. Sa doctrine scientifique, où il croyait innover, n'était,

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