‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 41 sur 120 · Die Welt aU WiUe und VùraUUung^ lupplémenta aa pre · texte numérisé non relu

Die Welt aU WiUe und VùraUUung^ lupplémenta aa pre

L*idéalité de notre connaissance est un thème favori de Schopenhauer. C*est un problème qui sollicite sans cesse son attention, sur lequel il exerce tour à tour sa sagacité de penseur, son talent d'écrivain, on serait tenté d'ajouter son imagination de poète. Cette idée du vaste univers resserré dans le cerveau d'un être pensant se retrouve, sous forme d'apologue, dans un fragment posthume. Le philosophe suppose qu'un bon génie lui révèle le mystère de la création : « Quelle merveille j'ai vue I Dans ce monde des choses et des corps, deux de ces choses, deux corps étaient devant moi, pesants, de forme régulière, beaux à voir. L'un était un vase de iaspe, avec une bordure d'or et des anses d'or ;rautre, un corps organisé, un animal, un homme. Après les avoir suffisamment admirés du dehors, je priai le génie qui m'accompagnait de me laisser pénétrer dans leur intérieur. Il me le permit. Dans le vase, je ne trouvai rien que la poussée de la pesanteur et je ne sais quelle obscure tendance que j'entendis désigner sous le nom d'affinité chimique. Mais quand je pénétrai dans l'autre objet, quelle surprise ! et comment dire ce que j'aperçus ? Tous les contes de fées, toutes les fables qui ont jamais été imaginées n'ont rien déplus incroyable. Je le dirai cependant, au risque de n'être pas cru. Dans cet objet donc, ou plutôt dans sa partie supérieure appelée la tête, qui, vue du dehors, semblait un objet comme tous les autres, circonscrit dans l'espace, pesant, etc., je trouvai quoi ? le monde lui-

mier livre, chap. i". — « Le dernier chaînon, dit ailleurs Schopenhauer, apparaît inopinément comme le point d'attache du premier ; la chaîne devient un cercle, et le matérialiste ressemble au baron de Miinchhausen, qui, se débattant dans l'eau, enlève son cheval avec ses jambes et s'enlève lui-même par la queue de sa perruque, ramenée on avant. » {Die Welt aïs Wille und VorsUllung, livre le^ § 7.)

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même, le monde entier, avec Timmensité de l'espace, dans lequel tout est contenu, et Fimmensité du temps, dans lequel tout se meut, et avec la prodigieuse Variété des choses qui les remplissent Tun et Fautre ; et, ce qui est presque insensé à dire, je m'y aperçus moi-même, allant et venant *... »

Cependant il ne faut pas se méprendre sur la véritable pensée de Schopenhauer. Il ne nie pas la réalité du monde extérieur, et en cela il se sépare résolument de Fidéalisme absolu. Il conteste seulement au matérialisme, dont il se sépare tout aussi résolument, le droit d'affirmer cette réalité et de la poser comme un principe scientifique. Le seul monde qui soit à notre portée, c'est celui que nos sens nous représentent sous les conditions du temps et de Fespace. S'il en existe un autre, il faut qu'il soit en dehors du temps et de l'espace ; autrement, il se confondrait avec celui que nous connaissons. Mais, par cela même qu'il serait en dehors du temps et de Fespace, nous ne pourrions Fatteindre, il n'existerait pas pour nous, le temps et Fespace étant les formes uniques sous lesquelles nous puissions concevoir quoi que ce soit. Ainsi, de toute façon, et de quelque manière qu'on pose la question, le monde phénoménal, le monde de nos représentations, est le seul sur lequel nous puissions philosopher.

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