Die Welt àU WilU und Vorsteîlung, livre P
l'intelligence et la raison 139
non à la raison que sont dues les grandes découvertes scientifiques. « Les auteurs de ces découvertes n'ont jamais fait que remonter, par une induction immédiate et légitime, d*un effet à ime cause ; ils ont reconnu en même temps Tidentité de la force physique qui se manifestait dans toutes les causes analogues ; mais il n'y a qu'une difiTérence de degré entre leur travail et Topération par laquelle l'animal perçoit comme un objet dans l'espace la cause qui agit sur son corps. »
L'intelligence scientifique, chez l'homme, est synonyme de per^picaci^^, de pénétration, de sagacité ^. Dans la vie pratique, l'aptitude à saisir les rapports de causalité et à en tirer parti s'appelle prudence. Le manque de cette aptitude constitue la sottise, « Le sot ne voit pas la connexion des phénomènes, ni dans la nature où ils se produisent spontanément, ni dans les applications mécaniques, où ils sont combinés en vue d'une fin spéciale : aussi croit-il aisément à la sorcellerie et aux miracles. Il se laisse facilement mystifier et duper. Il ne saisit pas les motifs secrets des conseils qu'on lui donne, ou des jugements qu'il entend prononcer. Une chose lui manque toujours : la pénétration, la vivacité, la promptitude à appliquer la loi de causalité, en un mot, la force de l'intelligence. » Le manque de jugement, lorsqu'il résulte de l'inexpérience, c'est la simplicité ou la niaiserie ^ ; l'homme niais est novice dans la vie comme un enfant.
De même que Schopenhauer comparait tout à l'heure l'efiTet de l'intelligence, éclairant les vagues données de la sensation, à celui du soleil levant, de même il compare les notions abstraites et discursives de la