‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 45 sur 120 · DU WeU aïs WiUe und Vorstellungt livre I · texte numérisé non relu

DU WeU aïs WiUe und Vorstellungt livre I

l'intelligence et la raison 141

prévoyance n'est autre chose que la conduite réfléchie de la vie^.

« Les animaux ne vivent que dans le présent ; rhomme vit, de plus, dans Favenir et dans le passé. L'animal satisfait le besoin du moment; l'homme prévoit le besoin à venir, il y pourvoit par les dispositions les plus ingénieuses, même pour un temps où il n'existera plus. L'animal vit sous l'empire de l'impression momentanée ; tous ses motifs d'agir sont tirés de l'intuition. L'homme se détermine d'après des notions abstraites : aussi le voit-on exécuter des plans réfléchis, agir d'après des maximes, sans tenir compte des circonstances passagères. Il peut, avec le plus grand calme, prendre des mesures pour sa propre mort. Il est capable de dissimuler, jusqu'à se rendre impénétrable, et d'emporter son secret dans sa tombe. Enfin il a réellement le pouvoir de choisir entre plusieurs motifs, car ce n'est que sous la forme de notions abstraites que plusieurs motifs peuvent s'offrir simultanément à la conscience...

« L'animal sent et perçoit ; l'homme, en outre, pense et sait ; tous les deux veulent. L'animal communique son impression et son humeur par des gestes et des cris ; l'homme communique ses pensées parle langage, ou, par le langage aussi, il les dissimule...

« C'est seulement par le langage que la raison réalise ses plus grands eff'ets. C'est grâce à lui que plusieurs hommes peuvent s'unir dans une même entreprise, que des milliers d'autres peuvent diriger leurs efforts vers un but fixé d'avance, que l'État, que la civilisation devient possible. Du langage naît la science, la conservation de l'expérience passée, le groupement d'éléments

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