Die JBêsonnenheit
142 SGHOPEIfHAUER
communs sous un concept unique ^, la communication de la vérité, la propagation de Terreur, toute pensée et toute invention, tous les dogmes et toutes les superstitions.
(( L*animal n'apprend à connaître la mort que dans la mort même ; l'homme va au-devant d'elle à chaque heure avec une pleine conscience, et c'est ce qui répand une si grave mélancolie sur la vie, même pour celui qui n'a pas encore compris que la vie entière n'est faite que d'une succession d'anéantissements. La prescience de la mort est le principe des philosophies et des religions, qui sont le privilège de l'humanité. Mais on ne saurait dire si l'une d'elles a jamais produit ce que nous sommes autorisés à priser le plus dans la conduite de l'homme, la libre pratique du bien et la noblesse d'âme. Ce qui leur appartient sûrement aux unes et aux autres, et à elles seules, ce sont, d'un côté, les opinions les plus singulières et les plus hasardées des philosophes de toutes les écoles, et, de l'autre, les rites les plus étranges et parfois les plus cruels des différents cultes 2. »
Ainsi le langage permet de dénommer et par conséquent de fixer les concepts ou les idées générales ; il permet de se rendre compte delà connaissance acquise, de la conserver dans la mémoire, de la communiquer de proche en proche. Il est l'instrument indispeasable du savoir. Le savoir n'est autre chose que « la connaissance abstraite ou rationnelle ». Mais comme la raison se borne à reporter devant l'esprit ce qu'il a déjà reçu d'autre part, elle n'augmente pas, à vrai dire, notre connaissance; elle lui donne seulement une autre