Concept, Begriff: voir ploi haut, p
JS. Urre I«, § 8.
l'intelligence et la raison 443
forme, plus commode pour Tusage. « La connaissance intuitive ne porte jamais que sur un cas isolé ; elle va au plus proche, et s'arrête là, parce que la sensibilité et l'intelligence ne peuvent embrasser proprement qu'un seul objet à la fois. Toute activité soutenue, combinée, méthodique doit donc procéder de principes, c'est-à-dire d'un savoir abstrait *. »
C'est aussi la réflexion soutenue par le langage qui construit les sciences au moyen de la coordination et de la subordination des concepts. Une science est d'autant plus parfaite, au point de vue de la forme, qu'elle a moins de coordination et plus de subordination. En d'autres termes, une science qui mérite vraiment ce nom ne se compose pas d'une infinité de cas particuliers simplement juxtaposés et rangés sous une vérité générale, mais d'une série de propositions allant du général au particulier, au moyen de concepts intermédiaires et de divisions fondées sur des déterminations de plus en plus restreintes. Les sciences les mieux construites sont les mathématiques. L'histoire est plutôt un savoir qu'une science. Mais « aucune science ne saurait se fonder uniquement sur la démonstration, pas plus qu'on ne peut bâtir en l'air; toutes les preuves doivent nous ramener à une intuition, à une chose vue et qui n'est plus démontrable. Le monde entier de la réflexion repose sur le monde de l'intuition et y a ses racines 2. »
Schopenhauer insiste beaucoup sur ce point. Les vérités générales rentrent tellement les unes dans les autres, que toute démonstration est semée d'écueils. Seul le fait particulier, dûment constaté, offt*e un