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matière, et qui attire la pierre vers la terre et la terre vers le soleil^. »
Ainsi nous retrouvons la chose en soi, que Kant nous avait fait abandonner. C'est la volonté, Timpulsion à être, à vivre et à agir, qui soutient le monde et le féconde et le diversifie. Elle est en dehors du temps et de l'espace, quoique ses manifestations remplissent l'espace et s'échelonnent dans le temps. Elle échappe donc à notre connaissance intuitive, qui est liée aux conditions du temps et de l'espace. Mais nous constatons sa présence en nous, et, par analogie, nous la transportons dans les autres corps de la nature.
La volonté, une et identique dans son essence, ne diffère que par son mode d'activité. Elle agit dans le monde inorganique par des causes, et dans la vie animale par des motifs. L'excitation ou Virritabilité, qui règne dans le monde végétal et dans la partie végétative de la vie animale, tient le milieu entre la cause proprement dite et le motif ou la causalité consciente 2 ; suivant les cas particuliers, elle se rapproche de l'une ou de l'autre. Ainsi, l'ascension de la sève dans la plante est le résultat d'une excitation, tout en s'expliquant par les lois de la capillarité. Au contraire, les mouvements du mimosa pudica, tout en étant dus à de pures excitations, nous semblent presque déterminés par des motifs. Nous rangeons la respiration dans la classe des actes involontaires ; pourtant nous pouvons la ralentir ou l'accélérer ou la suspendre à notre gré. Déjà ces transitions, ces passages d'un règne de la nature à l'autre, montrent que c'est le même principe qui agit partout en elle. Nous qui sommes placés