Die Welt ois WiUe und VorsUUung, livre III
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^^'HLa connaissance ne peut s'affranchir que dans \ rhomme. « Chez les animaux, la servitude de la connaissance à l'égard de la volonté ne peut jamais être supprimée; chez les hommes, elle ne Test qu'à titre exceptionnel. Cette différence entre l'homme et l'animal a sa marque extérieure dans les proportions différentes de Id tète et du tronc. Chez les animaux inférieurs, les deux parties sont mal délimitées ; la tête est dirigée vers la terre, où se trouvent les objets de leur volonté. Même chez les animaux supérieurs, la tête et le tronc sont moins séparés que chez l'homme. Chez celui-ci, la tête est librement posée sur le tronc ; elle est portée par lui, elle ne le sert pas. Ce privilège de l'homme trouve sa plus haute expression dans V Apollon du Belvédère ; la tête du dieu des Muses porte au loin ses regards; elle se dresse si fièrement sur les épaules, qu'elle paraît complètement indépendante du corps et délivrée du soin de pourvoir à son entretien ^. »
Désintéressement absolu, oubli de la personnalité, tels sont les caractères de la connaissance, lorsqu'elle ■ s*élève aux Idées pures. « Lorsqu'on a renoncé à la façon vulgaire de considérer les choses..., lorsqu'on a porté toute la puissance de son esprit dans l'intuition et qu'on s'y est plongé tout entier, lorsqu'on a l'âme pleine de la contemplation d'un objet que la nature nous a présenté, paysage, arbre, rocher ou édifice, et que, selon une expression caractéristique, on s'est perdu dans cet objet, c'estr-à-dire qu'on a oublié son individu, sa volonté..., lorsque, enfin, l'objet est affranchi de toute relation avec ce qui n'est pas lui, et le sujet de toute relation avec la volonté : alors ce qui est ainsi connu n'est plus telle ou telle chose parli-