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Die Welt als Wille und Vorstellung, lirre III

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quement : la beauté ennoblit le caractère ; le caractère fait vivre la beauté. Le caractère, sans la beauté, c'est l'individualité exagérée, Foriginalité outrée, la caricature. La beauté, sans le caractère, c'est la forme froide et vide, l'académie. Le caractère, dans la sculpture, s'exprime par les traits du visage, par les mouvements et les attitudes, même par la forme du corps ; à ces moyens d'expression, la peinture en ajoute d'autres, la couleur, la lumière et surtout le regard.

Dans la peinture, la beauté n'apparaît guère que jointe au caractère. Son domaine est la vie humaine dans toute l'étendue de ses manifestations. L'action la plus ordinaire et, en apparence, la plus insignifiante, retracée par la main du génie, peut ouvrir un jour sur l'essence de l'humanité. C'est à peine si Schopenhauer admet une hiérarchie, une échelle de dignité entre les divers sujets qui peuvent solliciter le pinceau d'un artiste. Une scène d'intérieur d'un peintre hollandais a pour lui la même valeur qu'un grand tableau d'histoire, qui souvent a besoin d'une explication pour être compris. Il établit une distinction entre ce qu'il appelle le sens extérieur ou nominal et le sens intérieur ou réel d'une peinture. Le sens nominal regarde l'histoire ou, si l'on veut, la littérature; le sens réel seul appartient à l'art et intéresse le connaisseur. « Une action de la plus haute importance historique peut être la plus banale du monde, au point de vue de son sens intérieur, et inversement, une scène de la vie journalière peut avoir un sens intérieur très profond, lorsqu'elle dévoile les replis cachés de rétro Immain, lorsquelle fait éclater aux yeux l'activité humaine, le vouloir humain. D'un autre côté, deux actions extérieurement très différentes peuvent avoir le même sens intérieur. A ce point de vue, il importe peu que ce soient des

ministres qui jouent le sort des nations sur une carte géographique, ou des paysans attablés dans un cabaret qui se disputent en jouant aux cartes ou aux dés *. » Pour rendre plus claire la distinction qu'il vient de faire, Schopenhauer cite comme exemple le sujet souvent traité de Moïse sauvé des eaux. « Moïse trouvé par une princesse égyptienne, voilà le sujet nominal, un fait très important pour Thistoire. Le sens réel de ce sujet, c'est-à-dire ce qui est effectivement offert à nos regards, c'est un enfant, abandonné sur un berceau flottant, et recueilli par une femme de haute naissance: un fait qui a dû se produire souvent. Le costume seul peut renseigner ici le spectateur [instruit sur l'événement précis dont il est question. Mais le costume se rapporte au sens nominal; il n'est d'aucune importance pour le sens réel, qui ne connadt que l'homme en tant qu'homme. »

Tout ce que la pensée ajoute à un tableau, est plutôt nuisible qu'utile à l'effet immédiat produit sur la vue. Au nom de ce principe, Schopenhauer condamne l'allégorie, que Winckelmann considérait comme l'objet le plus élevé de l'art. « Une allégorie est une œuvre d'art qui signifie autre chose que ce qu'elle représente. Or l'Idée, comme tout ce qui est intuitif, s'exprime par elle-même, directement et avec une entière perfection ; elle n'a besoin d'aucun intermédiaire pour se rendre claire. . . L'allégorie a pour mission de figurer un concept ; elle détourne l'esprit du spectateur de l'image visible, intuitive, pour le diriger sur une représentation d'un tout autre genre, abstraite, n'ayant rien d'intuitif, et complètement étrangère à l'œuvre d'art. Dans ce cas, le tableau ou la statue doit exprimer ce qu'on exprime

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