‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 69 sur 120 · I. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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à ses habitudes. Que reproche-t-il à Thistoire ? Il la met d'abord sur la même ligne que rexpérience sensible, la connaissance phénoménale, toujours fragmentaire et bornée. « Sans doute, Texpérience et l'histoire nous apprennent à connaître Thomme ; mais elles nous montrent plutôt les hommes que Thomme ; elles nous fournissent des notions empiriques sur la manière dont les hommes se conduisent les uns envers les autres, notions d'où nous pouvons tirer des règles pour notre propre conduite ; mais elles ne nous ouvrent aucune vue profonde sur l'essence de l'humanité *. »

Pour le philosophe, la poésie, bien qu'elle ne soit qu'une œuvre d'imagination, est plus instructive que l'histoire, qui prétend ne se fonder que sur l'observation : la première nous donne la vérité générale, celle de l'Idée; la seconde ne nous donne que la vérité particulière, fuyante et hypothétique. « Le poète choisit; il place, comme il l'entend, des caractères importants dans des situations importantes. L'historien prend, comme ils viennent, caractères et situations. Il n'a pas à examiner et à choisir les événements et les personnages d'après leur signification intime et vraie, celle qui exprime l'Idée ; il faut qu'il s'en tienne au côté extérieur, à l'apparence, à la relation, aux suites et aux résultats. 11 ne lui est pas permis de considérer les choses en elles-mêmes, d'après leur caractère propre et leur marque essentielle ; il ne doit voir que l'enchaînement, l'influence d'une époque sur une autre, et surtout des époques passées sur l'époque présente. Aussi n'omettra-t-il jamais une action peu importante en elle-même, et même vulgaire, si elle est d'un roi, et si elle a eu des suites, tandis qu'une action très signi-

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