‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 7 sur 120 · Tagehuch, extraits dans Gwinner, Schopehhauers Lelen · texte numérisé non relu

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préféré l'ennui d'une humiliation passagère à la honte de passer pour un lourdaud toute sa vie. » Ainsi cette éducation, qui avait pour but de faire du fils un négociant gentilhomme comme l'était le père, se continuait à distance. Au mois de décembre, Arthur Schopenhauer quitta Dantzig, pour n'y plus revenir, et, au commencement de Tannée suivante, fîdèle à sa promesse, il entra dans la grande maison du sénateur Jénisch, à Hambourg, afin d'achever sous une direction étrangère l'apprentissage qu'il avait commencé sous la tutelle paternelle.

Quand plus tard, ayant déjà changé de carrière, il se rappelait ses années de voyage, sa première initiation à la vie, il écrivait : « Il est évident que deux années de ma jeunesse ont été entièrement perdues pour les disciplines scolaires, et cependant ne m'ont-elles pas apporté des fruits d'autre sorte, qui ont largement compensé cette perte ? A l'âge où l'intelligence s'éveille et s'ouvre aux impressions du dehors, où le jeune homme est avide de comprendre et de savoir, on ne m'a pas, selon l'usage, rempli la mémoire de formules, mal appropriées à des objets dont je ne pouvais avoir aucune connaissance exacte. Au contraire, je me suis nourri de la vision des choses ; j'ai appris ce qu'elles étaient, avant de m'exercer à raisonner sur elles, et je me suis habitué de bonne heure à me défier des formules et à ne pas prendre les mots pour les choses ^. »

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