‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 77 sur 120 · Livre IV · texte numérisé non relu

Livre IV

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désir de tuer le temps, c'est-à-dire de fuir Fennui. Aussi voyons-nous la plupart des gens à Tabri du besoin et des soucis, une fois débarrassés de tous leurs autres fardeaux, être enfin à charge à eux-mêmes, considérer comme un gain toute heure écoulée, et s'appliquer, pour ainsi dire, à réduire cette vie que jusqu'alors ils mettaient tous leurs efforts à conserver. L'ennui n'est pas le moindre de nos maux ; il met à la longue sur les figures une véritable expression de désespérance *. »

Ainsi la vie oscille entre la douleur et l'ennui, pire que la douleur. La satisfaction n'est qu'une délivrance; elle fait taire momentanément le besoin, qui renaît aussitôt sous une autre forme. Nous ne jouissons de la isatisfaction qu'indirectement, par le souvenir de la privation passée. La souffrance, au contraire, se présente à nous sans intermédiaire. Tout plaisir est, par essence, négatif. La douleur seule est positive ; et quand nous cherchons à lui échapper par l'absence de désir, nous n'avons d'autre refuge qu'un état de langueur, une attente sans objet, l'ennui.

D'après cela, dit Schopenhauer, on pourrait concevoir trois formes de la vie, qui seraient comme les éléments dont se composerait à des doses diverses chaque existence particulière. « La première serait marquée par l'énergie de la volonté, la violence des passions ; elle se montre dans les grands caractères historiques, dans les héros d'épopée ou de drame ; mais elle peut se rencontrer aussi dans une sphère plus humble ; car ici la grandeur des objets ne dépend pas de leurs rapports extérieurs, mais de la puissance avec laquelle ils agissent sur la volonté. La seconde forme serait celle de la pure con-

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