‹ Schopenhauer, l'homme et le philosopheChapitre 98 sur 120 · Antimoralische Triehfedem · texte numérisé non relu

Antimoralische Triehfedem

Pour corriger un homme, il faudrait changer son caractère, lui arracher le cœur de la poitrine et lui en substituer un autre. Vouloir amener un égoïste à la sympathie, ce serait vouloir transformer le plomb en or. (( Tout ce qu'on peut faire, c'est de répandre la lumière dans sa tête, de rectifier son intelligence, de lui faire mieux comprendre la réalité objective, les vraies relations de la vie. Mais tout ce que Ton obtient ainsi, c'est que la nature de sa volonté s'exprime avec plus de logique, de clarté et de décision. Car de même que beaucoup de bonnes actions s'inspirent d'idées fausses, d'illusions respectables en elles-mêmes au sujet de récompenses à obtenir en ce monde ou dans l'autre, de même des actions coupables n'ont souvent d'autre cause qu'une notion erronée des conditions de la vie humaine *. » Au fond, ce passage et d'autres pareils prouvent que la théorie de Schopenhauer n'est pas aussi absolue qu'elle paraît ; mais ils montrent aussi, à un point de vue plus général, l'impossibilité de faire abstraction complète de la morale pratique. Si l'intelligence peut guider la volonté, et si l'on peut rectifier l'intelligence, pn peut aussi, directement ou indirectement, et dans une mesure quelconque, régler la conduite. Et, ces prémices une fois admises, est-il bien différent de dire que la pitié est la vertu suprême, ou de dire : sois miséricordieux ? Une grande partie du mémoire de Schopenhauer est consacrée à la réfutation de Vimpératif catégorique de Kant ; et, naturellement, à la critique respectueuse de Kant se rattache une critique beaucoup moins respectueuse de ses successeurs. Mais lui-même ne peut s'empêcher de donner sa formule du devoir : « Ne fais de mal à personne,

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