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25) 2, Schopenhaeur appelle la Mania sine delirio, la volonté a perdu le mors et la bride et elle révèle alors sa nature originelle par ses élans impétueux. Cette nature de la volonté est aussi étrangère à la nature de l'intelligence qu'un mors est lui-même étranger au cheval qu'il sert à conduire. On peut encore, dans le cas précité, comparer la volonté à une pendule qui, privée d’une certaine vis, part tout à coup avec bruit et bat la campagne. Tous ces exemples prouvent surabondamment que la volonté est dans tout être le métaphysique et le primitif; l'intelligence,le physique et le secondaire. Comme toute chose physique, l'intelligence est soumise à la loi d'inertie, elle n'est mise en branle que par la volonté qui est l'énergie même; paresseuse de son naturel, l'intelligence demande fréquemment à se reposer, et si on la surmène, on se prépare une vieillesse prématurée ou folle; c'est ce qui arriva à Swift qui avait fini par radoter, à Kant qui tomba en enfance, à Walter Scott, à Wordsworth, Southey, dont l'intelligence s’hébéta peu à peu. Voyez Gœthe au contraire: il garda jusqu'au bout la lucidité et la force de son intelligence, parce qu'en sa qualité d'homme du monde et de courtisan il ne violentait pas son esprit, ne le surmenait pas par des travaux excessifs. Même remarque sur Wieland et
Voltaire. Si l'intelligence était en nous l'essence même
et le primum movens, comment cette essence pourraitelle se tromper si souvent et s'affaisser si vite?
La volonté veille sans cesse; c'est elle qui dans le sommeil prend soin du corps, c’est elle qui est la vs medicatrix nature. Elle a placé le cerveau au sommet du corps comme une simple vedette destinée à surveiller le corps par la fenêtre des sens et à avertir la volonté des dangers que court l'organisme; cette vedette
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demande bien vite à être relevée de ses fonctions et quand vient la nuit, c’est elle seule, c'est-à-dire le cerveau, qui dort d’un profond sommeil; ne savons-nous pas que tous les grands penseurs ont été de grands dormeurs? Il suffit de citer Montaigne, Descartes et ant.:14#
Ces défaillances de l'intelligence d’une part, et d'autre part cette éternelle jeunesse de la volonté s'expliquent aisément si on admet que l'intelligence est une pure fonction du corps, tandis que le corps est une fonction de la volonté ; celle-ci précède donc le corps, en est le substratum métaphysique, communique son activité au cœur, ce primum mobile, et du cœur à toutes les parties de l'organisme.
La volonté est immuable dans ses œuvres : ce qu'elle a voulu une fois, elle le veut toujours et toujours plus; c'est elle qui fait l'identité de la personne, c’est son caractère inaltérable qui se reflète dans l'expression du regard toujours semblable à lui-même chez un même individu ; c’est dans le cœur, ce symbole vivant de la volonté, qu'est véritablement tout l’homme avec son originalité, sa valeur propre, et non pas dans la tête où le passé s'efface devant le présent, où les pensées les plus hétérogènes se succèdent sans laisser de trace.
De ce que la volonté est la chose en soi, nous avons conclu qu'elle est antérieure et supérieure à l’intelligence.
Un second caractère de la volonté qui découle aussi de sa nature même, c’est l'unité.
La volonté est une. En effet, comme chose en SOI, elle est en dehors du temps et de l’espace et par conséquent de la pluralité qui résulte, nous l'avons vu, de l'accord de l’espace et du temps. La volonté est une, et
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