‹ SchopenhauerChapitre 23 sur 30 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La philosophie de Schopenhauer est pétrie de contradictions, parce que cette philosophie renferme dans son sein deux systèmes qui sont la négation l’un de l’autre : un idéalisme critique et un réalisme dogmatique. Lisez le premier livre du « Monde comme représentation ct volonté; » au nom des principes du criticisme, Schopenhauer démontre que le monde n’est qu’une représentation, moins que cela, une illusion de l'esprit; on ne saurait être plus idéaliste. Ouvrez le deuxième livre, vous entendez un tout autre langage : les principes critiques sont abandonnés, on ressuscite les réalités, on les élève même au rang de substances, de choses en soi, en un mot on est aussi dogmatique et affirmatif dans son réalisme qu'on à été critique et négatif dans son idéalisme. Le grand ouvrage de Schopenhauer est bien nommé /e Monde comme représentation et volonté, car on y passe vraiment d'un monde à un autre, d’une philosophie à la philosophie contraire. Schopenhauer voyagea beaucoup : son grand ouvrage nous semble trahir cette instabilité d'esprit et ce goût des chang'ements que durent développer en lui ses courses à travers le monde. D'un livre à un autre on change de pays, parfois même d’un chapitre au suivant on est désorienté.

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