‹ SchopenhauerChapitre 3 sur 30 · SUEZ · texte numérisé non relu

SUEZ

de par le sujet qu'elle renferme, antérieure et supérieure même au principe de raison suflisante. Être connu en effet, c’est être un objet pour un sujet; ce quiesttoujours et seulement sujet ne saurait donc jamais être connu; le sujet est un et indivisible, nous l'avons vu, il échappe comme tel aux lois des objets qui sont le temps, l’espace, la causalité, car ces lois ne sont que par et pour lui; il ne saurait donc être ni cause ni effet, 1l n'y à pas entre lui et l’objet de rapport causal qui permette de passer de l’un à l’autre, comme le font matérialistes et idéalistes:; on ne peut que poser le sujet implicitement dans l'objet et partir des deux à la fois, c'est-à-dire de la représentation. Étudions donc tout d’abord la représentation, puisque cette étude est pour Schopenhauer le commencement de la sagesse, et que bien comprendre la représentation, c'est comprendre le monde lui-même qui n’est que ma représentation.

Nous distinguons en premier lieu deux sortes de représentations : les représentations intuitives et les représentations abstraites; attachons-nous d’abord aux premières.

Elles embrassent tout le monde visible, la totalité de l'expérience et même les conditions de possibilité de l'expérience, comme l’a démontré Kant. C’est en effet la grande découverte de Kant d’avoir vu que les conditions de l'expérience, ses formes les plus générales, temps et espace, ne sont ni tirées de l'expérience ellemême, ni créées par l’abstraction, mais qu'elles sont saisies par une intuition immédiate que Schopenhauer appelle après Kant, intuition pure ou à priori, pour la distinguer des intuitions à posteriori. Parcourons d'abord le domaine de l'intuition à priori; il comprend les trois données essentielles du monde extérieur:

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