Curricul. vitx, W., VI, p. 252. Cf. Gw., p
SCHOPENH AUER .
suffisante du bon christianisme, et je ne puis t'en vouloir si tu la trouves un peu trop large 1 ». Les conseils que son père lui adresse de Hambourg, au moment où il se prépare à la confirmation, l'entretiennent de tout autre chose que de cet acte pieux : commerce, tenue de livres, équitation. A la fin seulement d'une lettre du 20 novembre 1804, on trouve cette brève allusion : « Il est très bien que tu te sois fait confirmer à Dantzig. Ici, tu suivras le matin les leçons de théologie de M. Runge, et ta conduite sera toujours modeste, morale et laborieuse2 ». A coup sûr, l'honnête marchand ne voyait rien de plus dans l'éducation religieuse de son fils qu'un surcroît avantageux aux leçons morales qu'il avait reçues des siens et du spectacle de la vie.
Le retour à Hambourg marqua pour Arthur Schopenhauer l'échéance de l'engagement qu'il avait pris. Il tint parole sans murmurer et entra, en janvier 1805, dans les bureaux d'un négociant de la viUe, le sénateur Jenisch. Mais Floris Schopenhauer, qui prétendait s'y connaître en hommes, s'était trompé sur son fils. Les voyages, loin d'éveiller chez Arthur le sens des affaires, avaient développé, exaspéré chez lui le goût de la libre contemplation, l'insatiable curiosité de savoir et de comprendre. Contre pareilles dispositions, que pouvait la bonne volonté? Schopenhauer fut un employé de commerce détestable. Il l'avoue dans son Curriculum , non peut-être sans une pointe de vanité3. 11 cachait des livres dans son bureau,