Gw., 3e éd., p
3. Cf. L. Béclari), Louis Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps, Paris, 1903.
aux mœurs, aux dessous de la capitale. Arthur prit sa part des plaisirs de Paris. Musées, théâtres, vaudevilles surtout n'eurent pas d'hôte plus assidu.
Après le séjour à Paris , le voyage se précipite. Le journal de voyage de Johanna Schopenhauer 1 nous en fait connaître les principales étapes : Bordeaux, Montpellier, Nimes, Marseille, Toulon, les Iles d'Hyères; plus tard, Lyon, Ghamonix, la Suisse, Vienne, Dresde et Berlin. Nous savons trop peu de choses, malheureusement, des impressions que l'adolescent éprouva tout au long de cette vaste randonnée. Il a noté, cependant, l'horreur que lui inspira la vue du bagne de Toulon, la sereine grandeur des paysages alpestres , la monotone solennité de la chute du Rhin. Surtout il sut gré à son père d'avoir éveillé en lui, au lieu du goût du savoir livresque, « la vision et l'inspection des choses et la connaissance qui procède de l'intuition2 ». Nous ne tarderons pas à reconnaître l'importance de ce trait de sa physionomie intellectuelle.
A Berlin, le trio se sépara. Tandis que Floris Schopenhauer rentrait à Hambourg, Johanna et Arthur gagnèrent Dantzig. Là, après une rapide préparation, Arthur fut confirmé dans l'église où il avait été baptisé, la Marienkirche . Ce fut là, sans doute, le dernier acte de sa vie religieuse, et l'on peut conjecturer que ni ses parents ni lui-même n'attachaient grande importance à ce geste traditionnel. Déjà, quand le pensionnaire du pasteur Lancaster protestait contre la longueur des cérémonies du dimanche anglais, sa mère lui écrivait d'Écosse : « Tu prends ta part
1. Reise durch das sudlichc Frankreich, au t. XVIII des Œuvres complètes, 24 vol., Leipzig, 1834.